Algérie-Espagne, l’APS dément la levée de l’embargo commercial instruit, comme son instauration, par le canal de l’ABEF

Algérie-Espagne, l’APS dément la levée de l’embargo commercial instruit, comme son instauration, par le canal de l’ABEF

L’APS affirme qu’il n’y a pas de reculade de l’Etat, et que ce type de décisions est pris par « les canaux officieux ».


Maghreb Emergent fait partie des médias ciblés par la dépêche de l’APS de ce samedi parlant « d’allégations colportées » au sujet de l’exfiltration du communiqué de l’ABEF instruisant les banques commerciales de reprendre la domiciliation des opérations bancaires pour le commerce extérieur avec l’Espagne. Aucun démenti n’est venu de l’ABEF après la publication du contenu de son instruction.

La dépêche de l’APS n’affirme à aucun moment que les opérations commerciales avec l’Espagne n’ont pas cessé, et endosse donc, en creux, le fait qu’elles ont bien été interrompues et qu’elles ne peuvent pas reprendre sur la base de l’instruction d’une association qui n’a – en effet – pas le droit de prendre des décisions souveraines de l’ordre du gouvernement ou de la banque d’Algérie. Or, malheureusement pour l’APS, et pour la cohérence de la communication officielle, c’est également une instruction de l’ABEF qui a stoppé, il y’a 50 jours, les domiciliations bancaires pour commercer avec l’Espagne. Le gouvernement espagnol lui même prend au sérieux les communiqués de l’ABEF, en l’absence d’autres communication. Il a salué la reprise des relations commerciales entre les deux pays. Le démenti de l’APS est publié ici in extenso :


« Les allégations colportées, en ce moment, par certains médias sur une prétendue reculade de l’Algérie concernant ses relations commerciales avec l’Espagne sont erronées, car aucune information officielle n’a été rendue publique à ce sujet par les autorités ou les institutions compétentes.

Les décisions concernant les questions financières et commerciales qui engagent l’Etat sont prises en Conseil des ministres, par le ministère des Finances ou par la Banque d’Algérie et sont annoncées par les canaux officiels.

En effet, les décisions économiques notamment celles liées aux relations de l’Algérie avec ses partenaires commerciaux, relèvent des prérogatives exclusives de l’Etat, et non pas des organisations professionnelles, telle que l’Association des banques et établissements financiers (ABEF).

L’ABEF, à laquelle font référence ces médias, ne peut se substituer aux institutions de l’Etat qui ont en charge les finances, l’économie et le commerce extérieur. Elle est une association à caractère professionnel et défend les intérêts de ses adhérents.

L’ABEF est une association regroupant une trentaine de banques et établissements financiers activant en Algérie, dont une dizaine étrangers, notamment les deux banques françaises: BNP PARIBAS et Société Générale.

Sa mission consiste surtout à représenter les intérêts collectifs de ses membres vis-à-vis des tiers, notamment auprès des pouvoirs publics et de la Banque d’Algérie, autorité de régulation de l’activité bancaire.

Pour rappel, l’Algérie avait décidé le 8 juin dernier de procéder à la suspension « immédiate » du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération qu’elle a conclu le 8 octobre 2002 avec le royaume d’Espagne.

Cette décision souveraine a fait l’objet de déclarations « hâtives » et « infondées » faites au nom de l’Union européenne (UE).

« La précipitation et le parti-pris de ces déclarations mettent en évidence le caractère inapproprié de leur contenu, s’agissant d’un désaccord politique avec un pays européen de nature bilatérale n’ayant aucune incidence sur les engagements de l’Algérie à l’égard de l’UE et ne nécessitant par voie de conséquence nullement le déclenchement d’une quelconque consultation européenne aux fins de réaction collective », a réagi le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger (MAECNE), dans un communiqué.

« Il convient dans ce contexte de rappeler que la décision de suspendre le Traité algéro-espagnol d’amitié, de bon voisinage et de coopération répond à des considérations légitimes, qui tiennent pour l’essentiel à ce que le partenaire se soit délié d’obligations et de valeurs essentielles inscrites dans ce Traité, prenant ainsi la responsabilité de vider cet instrument juridique de sa substance et de mettre en cause sa pertinence dans les relations entre les deux parties audit traité », lit-on dans le même communiqué. »