Algérie : importantes acquisitions de trains et de locomotives prévues entre 2017 et 2019 - Maghreb Emergent

Algérie : importantes acquisitions de trains et de locomotives prévues entre 2017 et 2019

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La société nationale algérienne des transports ferroviaires “SNTF” va poursuivre son programme d’acquisition et de réhabilitation de son parc de trains en 2017, qui s’étalera jusqu’à 2019, a fait savoir un haut responsable de cette entreprise.

 

Le programme porte sur l’acquisition de dix (10) nouvelles locomotives de transport de marchandises de type Electro Motive Diesel (EMD) en mars prochain et de 17 trains voyageurs de type Coradia en 2018 dans le but d’augmenter les capacités de transport de la société, selon l’assistant du P-dg de cette entreprise, M. Abdelouahab Aktouche, cité par l’agence APS.

Il est également prévu de réhabiliter et de moderniser dix (10) locomotives de transports de marchandises et 52 voitures voyageurs durant l’année 2017.  

Au total, 202 voitures voyageurs grandes lignes jour, couchette et banlieue font actuellement l’objet d’opérations de réhabilitation à l’atelier de maintenance de Sidi Bel Abbès.

Six (6) unités prototypes ont été livrées fin 2016 en attendant la réhabilitation de 52 autres en 2017,  77 en 2018 et 67 en 2019.

Entré en vigueur en 2015 pour un délai d’exécution de 44 mois en partenariat avec le groupement français Faiveley Tours et Compin SAS, le projet de réhabilitation et de modernisation des 202 voitures voyageurs est d’un coût de 80,5 millions d’euros.

Il sera réalisé avec une main d’œuvre 100% algérienne sous l’encadrement technique du groupement français, selon M. Aktouche.

En outre, il est prévu l’acquisition de 17 trains de voyageurs bi-modes (diesel et électrique) du type Coradia en 2018 dont le contrat a été signé avec le constructeur français Alstom pour un montant global d’environ 200 millions d’euros. 

Concernant le fret, le parc locomotives de transport de marchandises sera augmenté de 20 unités cette année à travers l’acquisition de 10 locomotives neuves de type EMD (puissance 5.600 chevaux) et la réhabilitation de dix (10) autres de type GE (puissance 2.000 CV), sachant qu’en 2016, la Sntf a déjà mis en service deux (2) locomotives prototypes réhabilitées et a acquis 20 nouvelles locomotives du constructeur américain EMD.

Concernant la réhabilitation, elle se fait avec l’assistance technique du groupe américain General Electric International (GEI) pour un délai de réalisation de 28 mois (à partir de 2015) pour un coût de 20,2 millions de dollars.

Pour ce qui est l’acquisition des 20 locomotives diesel électrique du constructeur américain EMD en 2016 et de 10 autres en mars 2017, le contrat avait été signé en 2015 pour un délai de 26 mois et d’un montant de 113,8 millions de dollars.

Manque à gagner de 115 millions DA en 2016 pour raisons écosociales

Par ailleurs, la Sntf a enregistré un manque à gagner de plus de 116 millions DA en 2016 suite aux grèves du personnel et obstructions de voies ferroviaires par des manifestants, fait savoir M. Aktouche.

Ces pertes ont été induites par l’annulation de 2.267 voyages pour le transport de voyageurs (pertes de 66 millions DA) et l’annulation du transport de 100.000 tonnes de marchandises (plus 50 millions DA), précise-t-il.

Ces grèves étaient liées aux revendications du personnel de cette entreprise publique, telles l’évolution dans leur carrière et l’amélioration des conditions de travail dont notamment le volet sécuritaire pour ses agents.

La SNTF a aussi payé le tribut des manifestations de citoyens qui recourent souvent à bloquer la circulation des trains pour se faire entendre. 

“Les pertes financières ne sont pas très significatives. Mais ce qui nous préoccupe sont surtout les pertes en termes d’image (crédibilité) vis-à-vis des voyageurs et pour les frets”, déplore M. Aktouche. 

De surcroît, d’autres perturbations dans le transport ferroviaire étaient dues à des actes d’incivisme de citoyens à travers différentes wilayas, enregistrant179  actes de malveillance en 2016 contre 164 en 2015.

A ce propos, il cite le non respect du code de la route au niveau des passages à niveau dont 229 sont illicites et sans signalisation, l’empiétement et la destruction des emprises ferroviaires par des travaux non autorisés et la pose des déchets ménagers au long des lignes ferroviaires.

Selon le même responsable, la Sntf a recensé 1.500  passages à niveau un réseau de 3.800 kms de lignes exploitées au niveau national, sachant que leur surveillance nécessite la mobilisation de plus de 7.500 agents, dépassant largement ses capacités financières. 

Sur les 17 autorails acquis en 2006, la Sntf en a perdu sept (7) dans des accidents survenus dans les passages à niveau sans compter les coûts de réhabilitation pour d’autres.

Par ailleurs, 74 accidents de trains ont été enregistrés en 2016 ayant causé 12 décès contre 78 accidents en 2015 (46 décès).

Parmi les solutions prévues pour réduire le nombre des accidents,  M. Aktouche évoque un dispositif de réduction du nombre de passages à niveau qui sera mené par l’Agence nationale des d’études et de suivie de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif) avec la collaboration de la SNTF.

Ce projet consiste à remplacer les passages à niveau par des passages dénivelés inférieurs ou supérieurs à la voie ferrée, et à supprimer les croisements entre les routes et les voies ferrées jugés inutiles, et ce, en concertation avec les collectivités locales. 

En 2016, la Sntf a réalisé un chiffre d’affaire de 1,8 milliard DA pour le transport de 3,5 millions de tonnes de marchandises, tandis que dans le transport de voyageurs, son chiffre d’affaires a été de deux (2) milliards DA en ayant transporté 38 millions de voyageurs.

L’entreprise prévoit, pour 2017, le transport de 9,5 millions tonnes de marchandises (chiffre d’affaires de 4 milliards DA) et de 46 millions voyageurs (2,4 milliards DA), et vise un objectif de transporter entre 17 et 18 millions de tonnes de marchandises entre 2019 et 2020. 

APS

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