Algérie- La retraite proportionnelle bannie, pas de retraite avant 60 ans - Maghreb Emergent

Algérie- La retraite proportionnelle bannie, pas de retraite avant 60 ans

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Malgré les réserves des syndicats, le gouvernement a décidé de supprimer la retraite proportionnelle et de mettre fin aux départs en retraire avant l’âge de soixante ans.

 

 

Le ministère des affaires sociales et la direction de la fonction publique ont décidé un blocage de fait de la retraite proportionnelle et de la retraite sans conditions d’âge, selon un document en possession de Maghreb Emergent. Une note signée conjointent par M. Mohamed El-Ghazi, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, et Belkacem Bouchemal, directeur général de la fonction publique et de la réforme administrative, datée du 11 juin, demande de « surseoir, momentanément, à la formalisation des demandes de retraite proportionnelle et sans condition d’âge ».

Un juriste, consulté à propos de cette note, a indiqué que la formule utilisée signifie que la retraite proportionnelle est de fait supprimée, ainsi que la retraite pour les employés n’ayant pas atteint soixante ans, même s’ils ont cotisé pendant plus de 32 ans, le nombre légal d’années de cotisations fixé par la loi.

Cette note a été prise en application des décisions de la tripartite du 5 juin. Elle vise à « éviter toute éventuelle perturbation susceptible d’entraver le processus de mise en œuvre de la décision de la tripartite du 5 juin 2016 se rapportant au système national de retraite ».

Le rôle de Ali Haddad

Afin de permettre d’apporter les suites appropriées à ces demandes dans le cadre du système législatif, en dehors de toute action préjudiciable au fonctionnement du service public et aux équilibres financiers de la caisse Nationale de retraite », le gouvernement instruit les services concernés à une « application stricte de cette instruction ».

La suppression de la retraite proportionnelle et le recul de l’âge de la retraite avaient été annoncés par le président du Forum des Chefs d’Entreprises (FCE), M. Ali Haddad, à la veille de la tripartite du 5 juin. Elles avaient été particulièrement mal accueillies, M. Haddad apparaissant, par cette annonce, comme le véritable maitre d’œuvre de la tripartite. Membre du cercle présidentiel, proche de Saïd, le frère du président Bouteflika, Ali Haddad dirige une organisation à laquelle le gouvernement ne refuse plus rien.

Son intervention sur un terrain qui lui est à priori étranger a suscité des remous dans les milieux syndicaux. Le patron de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, avait fait profil bas, avant d’effectuer une tournée dans des fiefs syndicaux, gagnés par la fièvre de la contestation.

La tripartite supérieure à la loi

Autre inquiétude signalée par l’ancien DRH d’une grande institution, les nouvelles mesures sont « parfaitement illégales ». Pour lui, les conditions de départ à la retraite sont fixées par la loi. Seule une nouvelle loi peut introduire des dispositions différentes. Lui-même ancien élève de l’ENA, cet ancien DRH se demande comment Abdelmalek Sellal peut se laisser entrainer dans des décisions non fondées dans la forme ».

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