Blé : baisse de la production locale et hausse des cours mondiaux...Une équation difficile pour l'Algérie (Contribution) - Maghreb Emergent

Blé : baisse de la production locale et hausse des cours mondiaux…Une équation difficile pour l’Algérie (Contribution)

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter

Aissa MANSEUR: Expert consultant en développement agricole

Le rapport du département de l’agriculture des Etats Unies (USDA) du mois d’aout a confirmé les baisses de production du blé au niveau mondial, il prévoit une réduction de la production russe de 13 Mt comparativement à la saison passée (2020), également pour la production canadienne qui connaîtra selon le même rapport une chute de 11.2 Mt. Cette situation conduira à une chute historique des stocks des grands exportateurs, le marché international des céréales n’a jamais vécu une situation pareille depuis 2007

Cette situation induira, sans aucun doute une hausse significative des cours du blé à l’international, ainsi le blé tendre français a enregistré, le 20 août courant un prix de 309 USD/t (augmentation de 8.17 USD/t)

Un autre facteur peut accentuer également cette tendance haussière des cours des blés, des doutes planent sur la qualité de ces produits en Europe et particulièrement en France, ainsi le directeur général adjoint du cabinet Agritel a affirmé qu’il faut absolument trouver des débouchés, il ya risque que d’importantes quantités soient dirigées vers les marchés de l’alimentation animale !

Pour notre pays on prévoit également une chute significative de la production céréalière, notamment des blés à cause de la sécheresse qui a frappé plusieurs régions du pays (l’ouest particulièrement), selon le même rapport, on prévoit une production qui n’excède pas 37.5 millions de qx,

La production des céréales en Algérie a été toujours très faible à l’exception de saisons exceptionnelles ; sur les cinq dernières années, la moyenne n’a pas excédé les 42 millions de quintaux et demeure très insuffisante puisqu’elle ne couvre que 30% des besoins nationaux.

La facture d’importation des céréales ne cesse de croître. L’importation du blé (dur et tendre) représente 65% des importations des céréales et le blé tendre représente 70% de l’importation du blé. On importe jusqu’à 8 millions de tonnes de blé (dur et tendre) avec une facture qui dépasse 1,9 milliard USD, la facture d’importation du blé tendre dépasse 1.4 milliards USD

Durant la saison en cours, donc notre pays sera doublement pénalisé d’abord la baisse de la production locale ce qui conduit à la hausse des importations et l’augmentation des cours mondiaux de ces produits, ce qui le contraint à débourser encore plus pour s’approvisionner !

L’Algérie peine à développer cette filière, les responsables qui se sont succédés au département de l’agriculture avancent des arguments peu convaincants et pas du tout logiques quand ils essayent de justifier les maigres rendements enregistrés, plus particulièrement en blé tendre

L’irrigation est l’un des facteurs déterminants, mais pas exclusif pour le développement des céréales et l’accroissement des rendements. Pourquoi on ne trouve aucune difficulté à mettre en œuvre les moyens pour l’irrigation des différentes filières et qu’on «rencontre» toutes les difficultés du monde quand il s’agit d’irriguer les céréales ? Pour réaliser une amélioration des rendements C’est tout l’itinéraire technique qu’il faut prendre en charge et respecter, on a certes soutenu l’irrigation mais on a ignoré tout le reste ! La vulgarisation des techniques de production des céréales est plus que nécessaire, les céréaliculteurs doivent maitriser la conduite de ces cultures.

Des ateliers pour le développement de la céréaliculture ont été organisés au niveau du ministère de l’agriculture depuis plus de deux années pour lesquels ont pris part, en plus de la corporation, des experts, des universitaires, des instituts techniques, … des recommandations ont été formulé en attendant la concrétisation sur le terrain

On doit impérativement «gagner» la bataille du blé, les conséquences néfastes du changement climatique sont à nos portes ! La culture des céréales, dans le monde entier, sera sérieusement affectée selon des études réalisées à moins d’adopter des mesures sérieuses pour combattre ce fléau naturel impitoyable, nous sommes un pays vulnérable à tout dysfonctionnement de l’approvisionnement des marchés mondiaux en blé ! Du fait nous devons œuvrer sérieusement et travailler d’arrache pied afin d’éviter une situation qui pèsera lourdement sur notre pays ! 

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter