Cancer du foie en Algérie : la maladie prend de l'ampleur - Maghreb Emergent

Cancer du foie en Algérie : la maladie prend de l’ampleur

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Le cancer du Foie en Algérie inquiète les spécialistes. Selon le professeur Nabil Debzi, spécialiste et chef de service des maladies du foie au CHU Mustapha Pacha à Alger, cette maladie pourrait constituer une situation épidémiologique particulière, en la comparant à d’autres types de cancer. Le cancer de foie touche 3,3 cas pour 100 000 habitants.

Présentant une communication, lors d’une journée d’information, organisée par Roche Algérie, au profit des journalistes, Pr Nabil Debzi a précisé que la moyenne de 3,3 cas de cancer de foie par 100 000 habitant « ne reflète pas la réalité » vue l’étendu des cas diagnostiqués presque quotidiennement dans les centres hospitaliers du pays.

En effet, le Pr Debzi estime que le dépistage du cancer du foie est une opération « facile et difficile à la fois », en ce sens que si la pathologie est détectée avant que la tumeur ne dépasse les 6 cm, il est possible d’y remédier, si la tumeur atteint ou dépasse les 10 cm, le mal est donc enraciné et est difficile à traiter.

De surcroît, entre 20 à 30% des cas requièrent une chimiothérapie ou une thérapie ciblée, alors que 70% des cas sont des hépatites médicamenteuses, a-t-il expliqué, faisant remarquer qu’en cas de complications, d’autres médicaments dits complémentaires sont prescrits et que ces traitements sont discutés dans le cadre d’une réunion consultative multidisciplinaire.

Par ailleurs, Pr. Debzi a souligné la nécessité d’impliquer le médecin généraliste dans le dépistage précoce de cette pathologie, insistant sur l’impératif de réviser la formation pédagogique de base des médecins afin d’intégrer de nouvelles disciplines au diapason des évolutions épidémiologiques de la société.

La transplantation des organes, dont le foie, pratiquée actuellement à l’hôpital militaire de Constantine et le centre hospitalier Pierre et Marie Curie (CPMC) d’Alger, avait certes, régressé ces dernières années, mais « ne s’est pas arrêtée », a-t-il soutenu. Une tentative de début de cette opération au CHU de Batna a été suspendue en raison du manque de moyens.

Hépatites B et C, une bataille gagnée

Passant en revue les différents facteurs de risque, Pr. Debzi a cité les virus des hépatites B et C, qui se transmettent, entre autres, par voie sexuelle et par injections de sang, tandis que d’autres sont le fait du non-respect des règles d’hygiène au sein des services chirurgicaux, notamment dans les établissements hospitaliers. La transmission du virus de la mère au fœtus ou encore l’obésité, résultant d’une mauvaise alimentation à base de graisses et de sucres, figurent également parmi les facteurs de risque, a-t-il précisé.

Et de rappeler que les pouvoirs publics ont atteint un taux de vaccination élevé contre le virus de l’hépatite B, depuis les années 1990, touchant 18 millions d’Algériens, notamment après avoir inclus la vaccination dans le calendrier national de vaccination des enfants.

Si la production de traitements, au niveau local, pour l’hépatite C, a contribué à la guérison à hauteur de 95%, l’aspect préventif limitant la propagation de ces virus demeure, selon Pr. Debzi, « une fin difficile à atteindre », ce qui rend la réalisation de l’objectif 0 cas à l’horizon 2030 fixé par l’OMS « encore loin ».

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