Chitour : « En 2028, il faudra choisir entre consommer ou exporter de l’énergie » - Maghreb Emergent
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Chitour : « En 2028, il faudra choisir entre consommer ou exporter de l’énergie »

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L’Algérie est un pays résolument énergivore. Elle engloutit 800 millions de M3 de gaz naturel par semaine, soit l’équivalent de 50 millions de dollars. C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Transition énergétique, Chems Eddine Chitour, à l’ouverture de la première édition des journées du Cluster Energie Solaire, organisé au CDES de Bousmail (Tipasa).

Selon le ministre, l’Algérie est en zone rouge en matière de consommation d’énergie. « Nous devons absolument faire baisser notre consommation, car en 2028, il faudra choisir entre consommer ou exporter des hydrocarbures », a-t-il martelé.

M. Chitour pointe du doigt en effet, une « addiction » aux énergies fossiles. Il évoque le chiffre de 6 millions de tonnes d’équivalent pétrole qui doivent être économisés par an.

Par ailleurs, le ministre de la Transition énergétique a indiqué que les chiffres liés à la consommation de certains secteurs d’activité sont effarants : « Nous avons discuté avec 21 départements ministériels, dont les secteurs doivent impérativement faire des effort d’économie d’énergie ».

A titre d’exemple, Chitour a évoqué le ministère de l’Habitat dont la consommation est estimée à plus de 46% de la consommation finale par l’Algérie. « 2 millions de tonnes d’équivalent pétrole par an sont consommés uniquement par l’Habitat ». Le secteur du commerce consomme, quant à lui près de 37 % de la consommation finale.

D’autre part, le ministre a épinglé le ministère des Affaires religieuses sur le niveau de consommation d’électricité affiché par les mosquées : « Il existe 1850 mosquées, dont la facture est prise en charge par les Apc. Je vous laisse imaginer le coût que ce la représente ».

Idem pour la consommation de carburant diesel, qui à l’air d’irriter de plus haut niveau le ministre de la Transition Énergétique. « la conversion des véhicules au GPLc est un enjeu de taille pour l’Algérie, qui se doit en plus de faire du reverse engineering, pour augmenter au maximum le taux d’intégration des kits », a-t-il informé.

Le second volet, concerne le chantier naissant de la voiture électrique, qui verra L’Algérie se doter de cinq bornes de rechargement, dans le cadre d’un projet pilote opéré par Naftal.

Réduire la consommation de 10 %

Pour faire face à cette urgence, Chems Eddine Chitour propose d’agir rapidement. « Nous devons mettre en place une stratégie susceptible de faire naître une véritable industrie nationale des énergies renouvelables ». Et d’ajouter : « Le solaire et l’éolien ne sont pas les seuls alternatives qui s’offrent à l’Algérie. Il faudra songer à promouvoir le recours à d’autres débouchés et à actionner d’autres leviers ».

Parmi les solutions proposées, il y a la mise en place d’un plan de déploiement détaillé et planifié dans le temps sur une période de l’ordre de cinq (05) années. Ceci, avec une montée en cadence, avec la levée des barrières réglementaires, freinant le développement industriel local, ou encore la mise en place des financements nécessaires pour la réussite du programme des EnRs.

De son côté, le directeur de l’autoconsommation et du développement des énergies renouvelables au même ministère, Mourad Chikhi, a insisté sur l’urgence de la transition dictée par notre développement socio-économique.

« Nous faisons également face à deux défis majeurs que sont les engagements internationaux en matière de climat et de lutte contre le réchauffement climatique et la menace du peak-oil. » A-t-il alerté, en indiquant que la demande de la demande d’énergie augmente de 7 % an, en s’articulant sur croissance démographique estimée à 1 million d’âmes/an.

De ce fait, M. Chikhi a détaillé l’énorme potentiel en matière d’énergies renouvelables (EnRs) dont dispose l’Algérie. A commencer par le solaire, qui jouit de 1500 kwh/m² au nord et 2500kwh/m² au sud. L’éolien et le géothermique ne sont pas en reste. Le deuxième recèle 280 sources. Idem pour l’hydroélectrique.

Rappelons que, conformément aux objectifs du PNDEnR 2011-2015-2020, l’Algérie n’a pu produire que 400 Mégawatts d’énergie de source renouvelable, alors que l’objectif escompté par le gouvernement A l’horizon 2030, le MTEER vise l’augmentation de la part des EnR dans le mixe énergétique de 30 %.

Le ministère a annoncé la création d’une agence pour les EnRs sous forme d’une Société par actions (SPA), afin de jouer le rôle de facilitateur pour la levée de toutes les contraintes.

Par ailleurs un Institut de la transition énergétique sera créé à Alger (Sidi Abdellah) en 2022.

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