Dinar : Tebboune confirme un choix en faveur d’une réévaluation

Dinar : Tebboune confirme un choix en faveur d’une réévaluation

La monnaie nationale retrouve des couleurs face aux principales devises, le dollar et l’euro en l’occurrence. Cette appréciation était pour le moins prévisible dans un contexte de forte fièvre inflationniste et d’une amélioration de l’état des fondamentaux de l’économie.

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a confirmé, samedi, à l’ouverture de la rencontre gouvernement-wali, un arbitrage en faveur de l’appréciation du dinar. « Plusieurs mesures ont été prises ayant permis une amélioration de la situation de l’Algérie aux plans régional, continental et international, en témoignent des institutions internationales rigoureuses à l’instar de la Banque mondiale et de la FAO », a indiqué le chef de l’Etat, précisant que les décisions prises en matière de lutte contre l’inflation et d’appréciation du dinar ont porté leurs fruits. Abdelmadjid Tebboune a réitéré, à la même occasion, l’engagement de l’Exécutif à revaloriser la monnaie nationale et à faire table rase de certaines décisions prises par le passé, dont la planche à billet qui, selon lui, a contribué à exacerber l’inflation.

Le chef de l’Etat confirme ainsi un arbitrage officiel en faveur de l’appréciation de la monnaie nationale face à l’euro et au dollar. Cette appréciation accréditait l’idée d’un changement de cap à la Banque d’Algérie en matière de politique de taux de change. Cette appréciation était nettement plus visible depuis juillet, un mois durant lequel l’inflation a atteint 9,4% en glissement annuel, entrainant une forte érosion du pouvoir d’achat des ménages et des entreprises. Signe d’un mouvement en faveur d’une appréciation du dinar, le dollar vaut actuellement 140,53 dinars sur le marché officiel des changes, alors que l’euro s’échange contre 137,68 dinars.

Taux de change, un bouclier anti-inflation

De tels niveaux de change n’ont pas été observés depuis maintenant plusieurs années. Cela fait également plusieurs années que le dollar n’est pas passé au-dessus de l’euro sur le marché officiel ; signe d’un changement de cap en matière de politique de taux de change, mais aussi de la conséquence du mouvement des changes à l’international sur les cotations du dinar par rapport aux principales devises. Depuis juillet, le dinar s’est considérablement apprécié face au dollar, mais plus particulièrement face à la monnaie unique qui a subi un important revers à l’international en raison de la crise énergétique qui menace le Vieux Continent. Alors que l’état des fondamentaux de l’économie s’amélioraient à mesure que la bonne rentabilité du Brent se confirmait sur le marché mondial, la dépréciation du dinar entamée au lendemain du contrechoc pétrolier de la mi-2014 n’avait plus raison d’être. La montée spectaculaire de l’inflation plaidait également en faveur de l’appréciation du dinar.

Ce n’est un secret pour personne, le taux de change du dinar est un des outils de la politique monétaire de la banque centrale. Après avoir été constitué, ces dernières années, le principal, voire l’unique levier d’ajustement macroéconomique, en période de choc externe induit par la chute des prix du pétrole sur le marché mondial, le taux de change du dinar connait désormais un ajustement à la hausse pour servir, probablement, de bouclier anti-inflation. Si le dinar a été particulièrement malmené durant la période post-contrechoc pétrolier de 2014, c’est parce que l’économie nationale était faiblement résiliente face à la chute des cours du brut. Les ajustements à la baisse du taux de change du dinar ont servi d’amortisseur destiné à limiter l’impact des années du pétrole bon marché sur l’économie.    

Ali. T.