EPE : Ces créances qui plombent la trésorerie publique

EPE : Ces créances qui plombent la trésorerie publique

Les créances des entreprises publiques ont continué d’augmenter en 2021. La crise sanitaire n’a fait qu’accroitre davantage ces créances, devenues un véritable boulet à la fois pour les banques et le trésor, en l’absence d’une solution structurelle de nature à limiter cet endettement et ses conséquences sur les banques, le Trésor public et la dette. Le dernier rapport de suivi de l’économie algérienne, publié la semaine dernière par la Banque mondiale, fait constater que le Trésor public continuait tout au long du précédent exercice de mettre en œuvre un programme de rachat de créances des entreprises publiques. Le concours du Trésor en faveur des EPE a fait grimper l’endettement de 51 à 63% du PIB à l’issue d précédent exercice. Le volume des créances rachetées par le Trésor public durant le premier semestre de 2021 s’élevait à plus de 15 milliards de dollars, constituant un boulet financier qui plombe la trésorerie publique et la reprise et porte le niveau de la dette publique interne à plus de 10.000 milliards de dinars. A fin 2020 déjà, l’encours de la dette publique interne s’est établi à 9335 milliards de dinars, ce qu’équivaudrait à près de 51% du PIB, en augmentation de 1,6% par rapport à la même période de 2019. En 2021, alors que le Trésor rachetait à coups de plusieurs milliards de dollars les créances des entreprises publiques auprès des banques, la dette publique s’est envolée à 63% du PIB à la fin de l’exercice.

Quid de la réforme du secteur public ?

L’endettement du Trésor auprès des banques a continué d’augmenter également, en raison de ses interventions à répétition à l’effet d’effacer les dettes des EPE auprès des banques. « La mise en œuvre du programme de rachat de créances des entreprises publiques économiques (EPE) a cependant contribué à la majeure partie d’une hausse de 3.900 milliards de dinars, (26,8 milliards de dollars) de l’endettement du Trésor auprès des banques en 2021 », souligne la Banque mondiale dans son dernier rapport de suivi de l’économie algérienne. Ce faisant, soutient l’Institution de Bretton Woods, la dette publique est passé de 50,7% du PIB fin-2020, à une estimation de 63% du PIB fin-2021. Mais il n’y a pas que les entreprises publiques qui sont endettées auprès des banques. La dette envers l’Etat représentait à fin 2021 environ 26% du PIB. La hausse de la dette des entreprises, entrainant d’importantes créances au niveau des banques et des niveaux élevés de crédits non performants, a sensiblement érodé, ces dernières années, la qualité des portefeuilles de certaines de ces banques. Cette situation relance de plus belle le débat sur le sort réservé à la réforme du secteur public marchand, dont le financement constitue un véritable boulet pour l’Etat. Après avoir fait la promotion de cette réforme pendant de longs mois, le gouvernement semble se retirer sur l’Aventin, sans qu’aucune explication ne soit donnée sur l’absence d’une quelconque avancée sur ce dossier.  

Ali. T.