Covid-19. A peine remis des effets liés aux premières mesures de confinement, décrétées au début de la pandémie, au mois de mars dernier, voici que la deuxième vague de la Covid-19 vient frapper de plein fouet l’activité économique du pays, en enrayant ses rouages.

Suite à la recrudescence cas de contamination dans le pays, dont les chiffres officiels ont atteint des records jamais observés au cours de la première vague de la pandémie, le Gouvernement a pris, le 15 novembre dernier, une série de mesures en vue d’endiguer la propagation du virus.

Parmi elles, figure la décision de fermer de certaines activités, comme les salles de sport et lieux de plaisance, maisons de jeunes et centres culturels, mais aussi, la limitation du temps d’activités de certains commerces qui devront baisser le rideau à partir de 15h00. Une goute qui ne manquera pas de faire déborder le vase chez pas mal de commerçant, durement impactés par des mois de confinement.

C’est ainsi que les cafés, restaurants et fast-food, salons de coiffure et autres magasins d’électroménagers, de jouets, de décoration et tissus, en passant par les pâtisseries et confiseries, devront se soumettre à cette nouvelle règle. Mais pour certains, 15H de l’après-midi signifie aussi l’heure du grand rush. Celle à la quelle la boutique tourne à plein régime !

C’est le cas pour les cafétérias, les boutiques de l’électroménager ou de jouets ainsi que les salons de coiffure. Pour les patrons de ces commerces, cette limitation des heures d’activités est tout simplement une « invitation à fermer boutique ».

C’est ce que nous a confié le gérant d’une grande enseigne de vente de pâtisserie à Kouba (Alger), qui a décidé de fermer son magasin au lieu de limiter son activité au début d’après-midi. « J’ai deux équipes qui travaillent au niveau de mon laboratoire. Je ne peux pas mettre une en congé et retenir l’autre », nous dévoile-t-il. Et d’ajouter : « De surcroît, nos produits sont commercialisables le jour J, et le fait de travailler jusqu’à 15 heures n’est pas suffisant pour écouler notre marchandise, alors j’ai décidé de fermer en attendant la fin des restrictions ».

«J’ai encore six mois de loyer payé d’avance, mais j’ai préféré fermer ma boutique »

Si des grands commerçants ont tout simplement décidé d’attendre des jours meilleurs pour rouvrir, d’autres ont tout simplement interrompu leur activité, à l’instar de ceux qui ne pourront pas amortir les charges et les coûts fixes (location et autres frais).

« J’ai payé une année de loyer avant que ce fichu virus vienne tout chambouler et mettre à genoux mon affaire », nous confie un commerçant qui tient un petit fast-food dans une petite ruelle au niveau de Hussein Dey. « Ces gens du Gouvernement qui dictent leur loi sur nous ne savent pas qu’on paie des loyers à 50 000 DA le mois, avec une avance d’une année. Comment voulez-vous travailler et rentabilise votre commerce avec de pareilles restrictions ? » S’interroge-t-il. « vous savez, je vais fermer à la fin du mois, même s’il me reste encore six mois de loyer déjà payé. Je préfère m’arrêter là avant que mes frais deviennent insurmontables ». A-t-il conclu.

Ce constat a été évoqué récemment par le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), Hadj Tahar Boulenouar. Il a affirmé dans une déclaration à la radio nationale que plus de 50 000 commerçants et artisans ont mis la clé sous le paillasson depuis le début de la pandémie du Covid-19 en Algérie. Selon lui, les raisons qui ont poussé ces commerçants à cesser leur activité sont principalement les pertes financières suite aux décisions de fermeture pour confinement.

Vers la prorogation des mesures restrictives ? Un configuration désormais envisageable !

Parmi les décisions prises par les autorités en raison de la deuxième vague de la pandémie, la fermeture du marché de l’électroménager de El Hamiz et celui du pret-à-porter de Djorf, dans la commune de Bab Ezzouar à Alger.

Une décision prise par le wali délégué de la circonscription administrative de Dar-El-Beida pour une période de quinze jours renouvelable si nécessaire. D’autres centres commerciaux de la wilaya devraient connaître le même sort, selon des sources concordantes.

A ce sujet, le président de l’ANCA, Hadj Tahar Boulenouar, a expliqué à nos confrères du journal Reporters que «c’est comme si on voulait faire croire à la population qu’à travers cette décision de fermeture que cette concentration de commerces est un vecteur de contaminations, alors que ce n’est pas tout à fait le cas à partir du moment où ces commerces étaient au début de la crise sanitaire restés fermés ». Et d’ajouter : «Si l’on suit cette approche, ce sont tous les commerces de détail qu’il faudrait fermer. Ce qui est impensable ».

Au lendemain de la décision de fermeture des magasins de El Hamiz, un vaste mouvement de protestation a été observé par les commerçants qui y travaillent. Pour eux, cette décision est injuste et incompréhensible, du fait que « toutes les mesures barrières ont été respectées ». « Pourquoi cibler uniquement notre marché ? », s’est interrogé un bon nombre parmi eux.

Même s’ils sont contraints de se plier aux décisions en vigueur, nombreux sont ceux qui craignent que leur échéance puisse dépasser les quinze (15) jours. Si tel est le cas, cela ne fera qu’aggraver leur situation et augmenter leur déficit, ce qui risquerait, à terme, de les mener tout droit vers la gueule du loup : la faillite !

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