GAIF-Oran, le ministre des finances Raouiya inaudible sur la faiblesse de l’assurance en Algérie

GAIF-Oran, le ministre des finances Raouiya inaudible sur la faiblesse de l’assurance en Algérie

El Kadi Ihsane Oran

L’intervention inaugurale de la 33e conférence de la fédération arabe de l’assurance avait de quoi laisser sur leur faim les acteurs de marché algérien, le plus retardataire de la région.

Le ministre des finances Abderrahmane Raouiya n’avait sans doute pas prévu, ce mardi à Oran, de devoir rappeler la faiblesse du taux de pénétration de l’industrie de l’assurance en Algérie, 0,5% seulement, et ne rien avoir à annoncer de spécifique pour son décollage, devant un parterre exceptionnellement riche d’acteurs de cette filière dans la région et dans le monde.

Le membre du gouvernement s’est contenté de noter une relance globale de l’activité en Algérie supposée, en creux, entrainer mécaniquement un rebond du secteur de l’assurance en stagnation depuis plusieurs années. Trois arguments standard ont été évoqués dans l’intervention ministérielle : la croissance prévisionnelle de l’économie algérienne pour 2022 évaluée à 3,4% , le nouveau code des investissements qui se veut pro-business et attractif, et la multiplication des acteurs de marché 23 aujourd’hui comparativement à 9 compagnies en 1995.

Ce sont des éléments de contexte qui ne pouvaient pas répondre aux attentes des acteurs locaux du marché sinistrés par la baisse de la branche IARD, liée notamment à la perpétuation du blocage de l’importation des véhicules, ou de la branche vie étouffée notamment par la chute de la mobilité à l’international des Algéries (Assurance voyage). Il en fallait sans doute plus que des considérations générales « protocolaires », pour convaincre les présents d’une relance du développement de l’industrie de l’assurance en Algérie, en rapport avec le potentiel de l’économie et son PIB.

L’annonce la plus attendue n’a pas également pas fait l’objet de la moindre allusion dans le cours discours ministériel qui s’est attardé sur la promotion de la ville d’Oran. Il s’agit bien sur de la mise en place formelle du régulateur du secteur de l’assurance. Un des conférenciers de la matinée, Ulrich Padsika de GEN Re a placé la qualité du régulateur à la première place des clés de succès de l’industrie dans la zone MENA (moyen orient Afrique du Nord).

Or la régulation du marché de l’assurance et de la réassurance en Algérie attend toujours la formalisation prévue par la loi. Elle est sous la responsabilité du ministère des finances. Le marché Algérien de l’assurance était le premier par sa taille de la région arabe en 1991. Il n’est passé que de 900 millions en équivalent dollars à cette date, à 1,2 milliards en 2021, conséquences à la fois de la dévaluation du dinar et de sa faible croissance propre rapportées au potentiel de l’économie et de la démographie.