Les filiales de distribution de Sonelgaz, dans le viseur du régulateur de l’électricité et du gaz - Maghreb Emergent

Les filiales de distribution de Sonelgaz, dans le viseur du régulateur de l’électricité et du gaz

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La Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg), vient de transmettre au ministre de l’Energie et des Mines Youcef Yousfi, un rapport très critique sur la qualité de services des quatre sociétés de distribution de Sonelgaz.

Le rapport a été confectionné sur la base d’un bilan réalisé par le régulateur dans le cadre du suivi de la mise en œuvre du plan quinquennal d’amélioration des performances de ces sociétés de distribution pour la période 2010-2014. Le régulateur cite, à titre indicatif, le bilan 2012 de ces sociétés, qui fait ressortir globalement des insuffisances en matière de qualité de service. Les objectifs assignés à ces sociétés dans le cadre des plans d’engagements d’amélioration de performance n’ont pas été atteint, selon la Creg.
Cette situation a été en grande partie liée à la défaillance dans la gestion et l’organisation interne de ces sociétés de distribution, non encore adaptées aux exigences de modernisation du service public, au moment où le gouvernement s’apprête à étudier des scénarios de hausse de prix de l’électricité et du gaz, pour lutter contre le gaspillage énergétique et tempérer la consommation interne.
La Creg relève dans son rapport que les quatre filiales de Sonelgaz manquent d’une « structuration modernisée », de moyens matériels suffisants et de ressources humaines qualifiées, conditions nécessaires pour assurer un service public de qualité.
Evaluation des prestations
La commission, qui n’est pas allée avec le dos de la cuiller, a été directe en pressant ces distributeurs à entreprendre des actions concrètes afin d’améliorer la qualité de service, en prévision du lancement d’une étude pour mesurer le degré de satisfaction des consommateurs. Le régulateur veut en effet passer à une autre étape dans son travail, celle de l’évaluation du degré de satisfaction des clients de Sonelgaz, clé de voute de l’amélioration des prestations de service des filiales du groupe.
Jusqu’ici, cette évaluation n’a pas été faite, selon le président de l’association de protection et d’orientation du consommateur (APOCE), M. Mustapha Zebdi, qui souhaite entamer rapidement ce travail avec la Creg, d’autant plus que l’organisation des consommateurs a déjà engagé une évaluation similaire avec l’autorité de régulation des services publics de l’eau, a confié son président a Maghreb Emergent.
L’APOCE s’en mêle
La plus grande requête adressée à la Creg dans ce sens, a été celle transmise en 2012 par cette association suite aux coupures fréquentes et répétées enregistrées durant l’été de cette année, selon M. Zebdi, même s’il reconnait qu’avec la CREG, l’APOCE entretient « de très bonnes relations », à l’inverse d’autres autorités de régulation relevant des autres secteurs.
« La Creg a toujours répondu présent que ce soit pour nos doléances ou pour le travail commun de sensibilisation que nous menons ensemble,» a dit M. Zebdi.
Il faut aussi souligner que durant l’été 2012, Sonelgaz a évité de justesse le black-out total sur l’ensemble de son réseau électrique. Des régions entières du pays ont sombré dans le noir pendant plusieurs heures durant le mois de Ramadhan, suite à un pic de consommation consécutif à une hausse des températures estivales.
La mise en service en 2013, de capacités supplémentaires de production et de distribution d’électricité ont permis de faire face aux pics de la consommation, mais n’ont pas réussi pour autant à endiguer les insuffisances constatées par la Creg dans la distribution.
M. Zebdi estime que la prestation des concessions de distribution de l’électricité reste à améliorer sur les plans de l’information, de la continuité du service, de la prise en charge des doléances des 7 millions d’abonnés que compte le réseau de Sonelgaz, mais aussi en matière d’intervention dans les cas d’urgence et le suivi des clients qui subissent des préjudices suite à des surtensions sur le réseau.
Améliorer le service d’abord, augmenter ensuite
Le président de l’APOCE refuse d’aborder la question d’augmentation des tarifs de l’électricité sous l’angle de l’amélioration du pouvoir, d’achat tel qu’évoqué par le ministre Youcef Yousfi car, selon lui, « même si le pouvoir d’achat est en augmentation, il est toutefois rattrapé par l’inflation».
M. Zebdi rejette toute augmentation des tarifs énergétiques, « et si cela devait se faire, alors toutes les défaillances dans la qualité des services doivent être réglées auparavant », a-t-il revendiqué avec force.
Le président de l’Association de protection des consommateurs qualifie en outre, « d’injuste qu’un simple citoyen doive payer le même coût qu’un industriel » et appelle Sonelgaz à aller chercher le manque à gagner financier « du côté des entreprises ». «Nous refusons que le consommateur soit le maillon faible de cette équation,» a-t-il conclu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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