Présidentielles - Abdelaziz Bouteflika maintient une présence épistolaire - Maghreb Emergent

Présidentielles – Abdelaziz Bouteflika maintient une présence épistolaire

Lettre
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Le président Abdelaziz Bouteflika a fait sa troisième sortie « écrite » en deux semaines pour appeler l’administration à faire preuve de neutralité dans l’élection présidentielle du 17 avril 2014. Une troisième sortie qui assure une « présence » sans rien dévoiler de ses intentions.

 

 Le président Abdelaziz Bouteflika s’est manifesté, une nouvelle fois, par voie «écrite » en rendant publique une instruction demandant au gouvernement et à l’administration d’observer le « principe d’équité et d’impartialité » et de ne pas porter atteinte aux droits des électeurs et des candidats que la « la Constitution et la loi garantissent ». C’est la troisième sortie écrite du président de la République dans un contexte politique rendue très délétère par la charge, sans aucun précédent chez les hommes politiques officiels, lancée par le SG du FLN, contre le Département du Renseignement et Sécurité et contre son chef le général Mohamed Médiene, dit Toufik. La première lettre, accompagnant le message de condoléances aux familles des victimes du crash d’un avion militaire, soulignait que nul « n’est en droit, quelles que soient ses responsabilités, de s’en prendre à l’Armée nationale populaire ni aux autres institutions constitutionnelles ». Un appel au calme qui n’a pas eu d’incidence. Un ancien général, Hocine Benhadid, a lancé, à son tour, au nom de «frères d’armes », la réplique à Amar Saadani en affirmant que les attaques dont faisait l’objet le DRS avaient la présidence comme source. Benhadid avait également critiqué le général Gaid Salah, chef d’état-major, et vice-ministre de la défense. Il a affirmé qu’il était sans « sans crédibilité » et « sans poids » au sein de l’armée.

 Désaveu implicite de Saadani, défense explicite du DRS

 Le 18 février, au lendemain d’une déclaration très remarquée de l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche,  le président Bouteflika a, de nouveau écrit un message, lu par le ministre de Moudjahidine, à l’occasion de la journée du Chahid, pour critiquer des « déclarations irréfléchies de certaines hautes personnalités publiques, relayées par des commentaires de tous bords, ont donné matière, aux médias nationaux et étrangers, à des commentaires et des supputations attentatoires à l’unité de l’Armée nationale populaire ». Bouteflika y affirmait que les « adversaires, occultes et déclarés, exploitent cette situation préjudiciable pour tenter d’imposer la thèse du conflit interne au sein de l’Armée nationale populaire en présentant le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) comme une structure agissant en violation des règles qui régissent ses missions et attributions ». Il affirmait qu’il s’agissait d’une perception fausse et qu’il revient à tous les responsables d’y mettre fin. Un message en forme de désaveu implicite d’Amar Saadani et de défense explicite du DRS.  Le président demandait également à tous les « responsables concernés de prendre toutes les mesures requises, afin de rétablir la bonne mesure de concertation et de saine coopération à tous les niveaux et de faire en sorte que chaque responsable et chaque structure agissent conformément aux dispositions réglementaires qui régissent leurs activités, dans l’intérêt suprême du pays ».

 Toujours la même question : ira ou ira pas ?

 La dernière instruction porte sur la tenue de l’élection présidentielle avec un appel à ce que tous les candidats aient des « chances égales ». L’administration est instruite de « remettre aux représentants des candidats et des partis politiques participant à cette élection, et dans les délais prescrits par la loi, une copie de la liste électorale de chaque commune et une copie de la liste des membres des bureaux de vote ». Un message, assez routinier, rappelant des dispositions qui existent déjà formellement dans la loi. Mais un message qui maintient une présence médiatique avec une certaine volonté de jouer les arbitres. Sans pour autant donner la moindre indication sur ses intentions d’aller ou non vers un quatrième mandat qui suscite la controverse en raison de son état de santé.

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