Une croissance inclusive hors de portée pour la plupart des pays africains - Maghreb Emergent

Une croissance inclusive hors de portée pour la plupart des pays africains

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Moins de la moitié des pays africains ont enregistré une croissance inclusive au cours des 20 dernières années, laissant 34% des ménages sur le continent vivant en dessous du seuil de pauvreté international (1,9 $ par jour), indique le rapport 2021 sur le développement économique en Afrique de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

En effet, le rapport 2021 de la CNUCED indique que la croissance dans le continent « n’a été inclusive que dans 17 des 49 pays » pour lesquels des données suffisantes sur les ménages entre 2000 et 2020 sont disponibles. Et de préciser que « dans 18 pays africains, la croissance économique a permis de réduire la pauvreté, mais avec une hausse des inégalités. La croissance n’a pas été inclusive dans 14 pays ».

Le rapport a soulevé la question de savoir comment la croissance économique grâce à l’intégration régionale peut contribuer à la réduction de la pauvreté et favoriser le développement inclusif. Ce qui constitue d’ailleurs, un objectif principal de l’Agenda 2063.

En effet, « l’écart de revenu entre les riches et les pauvres s’est creusé », lit-on dans ce rapport. Environ 34 % des ménages africains vivent en dessous du seuil de pauvreté international (1,9 $ par jour) et environ 40 % de la richesse totale appartient à environ 0,0001 % de la population du continent », lit-on dans le rapport.

Source : CNUCED

Quel rôle pour la ZlecAf

Le rapport 2021 de la CNUCED indique que la libéralisation du commerce, qu’elle soit bilatérale, régionale ou multilatérale, entraîne certaines pertes de recettes tarifaires et a des effets redistributifs. Cependant, l’intensification du commerce international peut également générer des retombées interrégionales en terme de connaissances. Ceci pourrait accroître l’efficacité, permettre de diffuser la technologie et de redistribuer les richesses.

Le commerce intra-africain est actuellement faible à 14,4% du total des exportations africaines. Il est composé à 61% de produits transformés et semi-transformés, ce qui suggère des avantages potentiels plus élevés d’un commerce régional accru pour une croissance transformatrice et inclusive.

Le rapport souligne que lorsqu’on considère le commerce transfrontalier informel, l’Afrique enregistre un commerce intra-régional plus élevé, en particulier dans l’agriculture.

Le commerce transfrontalier informel peut représenter jusqu’à 90 % des flux commerciaux officiels dans certains pays et contribuer jusqu’à 40 % du commerce total au sein des communautés économiques régionales telles que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et le Marché commun de l’Est et de l’Afrique australe (COMESA).

Une opportunité inexploitée de 22 milliards de dollars

Le rapport constate que le potentiel d’exportation encore inexploité du continent s’élève à 21,9 milliards de dollars, soit 43% des exportations intra-africaines. Il indique qu’un potentiel d’exportation supplémentaire de 9,2 milliards de dollars peut être réalisé grâce à une libéralisation tarifaire partielle dans le cadre de la ZLECAf au cours des cinq prochaines années.

« Pour libérer ce potentiel, diverses barrières non tarifaires intra-africaines, y compris des mesures non tarifaires coûteuses, des lacunes en matière d’infrastructure et d’informations sur le marché, doivent être levées et comblées. Cela nécessite des efforts conjoints dans le cadre de la ZLECAf.

Une coopération à long terme dans les politiques d’investissement et de concurrence sera essentielle pour surmonter la domination du marché par quelques acteurs et pour réduire les obstacles structurels et réglementaires à l’entrée sur le marché.

En raison des fermetures aux frontières induites par la pandémie de COVID-19, les groupes vulnérables tels que les commerçantes transfrontalières, les petites entreprises et les commerces informels ont vu leurs économies s’épuiser complètement et ont eu du mal à subvenir aux besoins de leurs familles.

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