Tebboune : « Nous n'irons pas frapper aux portes du FMI » - Maghreb Emergent

Tebboune : « Nous n’irons pas frapper aux portes du FMI »

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Au cours de son entretien avec la presse, diffusé, dans la soirée du 1er mars, à une heure de grande écoute par les télévisions nationale, le Président Tebboune est revenu sur la situation économique du pays, en affirmant qu’elle n’est pas aussi dramatique comme certains le prétendent.

« Certains prétendent que l’Algérie ira frapper à la porte du FMI, dans un délai maximum d’une année, du fait de la chute des réserves de changes », s’est étonné le président.

« Avant, nous importions l’équivalant de 60 milliards de dollars, dont 15 milliards, au minimum, étaient sujets à de la surfacturation. Le reste est composé de plus de 25% de produits qui ne sont pas nécessaires au pays », a-t-il expliqué.

Pour Tebboune, la souveraineté du pays est intimement liée à la nature de la consommation des ménages algériens. Selon lui, l’importation de matières premières alimentaires comme l’huile, du blé et autres produits importants, ne coûte pas à l’Etat plus que 8 milliards de dollars. « Même durant une année noire pour le prix du pétrole, comme celle que nous venons de vivre, nous avons pu engranger 24 milliards de dollars », a-t-il rappelé.

Mais, tant bien que mal, Tebboune concèdera à ses interviewers de la soirée, que la situation financière du pays n’est pas excellente « mais on est, à la fois capable et entrain de faire ce qu’il faut  ».

« Nos réserves de changes s’effritent et ont atteint actuellement 42 milliards de dollars », a indiqué le président, en ajoutant : « Le moment est venu pour importer seulement ce dont on a besoin. Et c’est conformément à ce principe de base que j’ai ordonné au premier ministre de mettre fin aux fonctions de certains hauts responsables, peu scrupuleux quant à la situation des finances publiques, qui en pleine crise, ont daigné lancer des appels d’offres internationaux pour l’acquisition de quelques ustensiles largement disponibles sur le marché national. »

Des réserves qui permettent une autonomie de deux à trois ans

Selon le chef de l’Etat, l’Algérie est capable de résister au choc économique induit par la crise du Coronavirus, grâce à ses réserves, le temps que l’économie mondiale, affectée aussi par la pandémie, reprenne son souffle et redémarre. « Nous pouvons résister grâce à nos propres réserves jusqu’à deux à trois ans », a souligné le président.

Pour appuyer son raisonnement, le président a réaffirmé son admiration quant au potentiel de l’agriculture algérienne, qui aurait selon lui produit pour 25 milliards de dollars de richesse durant l’année 2020. « Désormais, nous n’importons importons aucune sorte de légume », s’est-il félicité.

Concernant la production, somme toute massive, de blé, le président Tebboune, évaluera à 20% des besoins nationaux, les quantités achetées par l’Algérie sur les marchés internationaux. Le reste serait, selon lui produit localement.

« Nous pourrons augmenter la production de 20%. Nous avons tous les moyens matériels pour améliorer nos techniques d’arrosage, en plus 64 barrages au niveau national ».       

A noter que l’Algérie, premier client de l’Union Européenne, figure au second rang mondial des importateurs de céréales, après l’Egypte.

Sur l’épineux dossier de l’investissement qui coince depuis un certain temps déjà, en mettant en péril tout un pan de l’économie nationale, Tebboune a fait savoir que la loi de Finances Complémentaire LFC2021, achèvera de consacrer les réformes liés aux pratiques bureaucratiques sur les IDE, notamment à travers l’abrogation définitive de la loi 51/49.

En outre, le chef de l’Etat a déclaré vouloir mettre l’accent sur l’investissement national, en encourageant les jeunes porteurs de projets à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. nouvelle politique d’investissement de l’Algérie est de s’éloigner de tous ce qui est idéologique. « Ce qui m’importe le plus, ce sont les investissements réalisés par les algériens », a-t-il conclu.

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