En moins d’une année, une huile d'olive tunisienne rafle 15 médailles internationales - Maghreb Emergent

En moins d’une année, une huile d’olive tunisienne rafle 15 médailles internationales

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Fitouri a exhorté l’Etat à intensifier la formation dans ce secteur, à élaborer une stratégie cohérente concernant l’huile d’olive.

 

En moins d’une année, Karim Fitouri, 45 ans, chef d’une jeune entreprise totalement exportatrice «Olivko», a raflé les premières places dans tous les concours internationaux d’huile d’olive et obtenu 15 médailles dont trois très importantes, à Los Angeles, Londres et la dernière en Italie.  Il est le premier tunisien à parvenir à ces résultats hissant l’huile d’olive tunisienne au rang du meilleur « or jaune » dans le monde.

Karim, devenu consultant international en huile d’olive très sollicité par les professionnels du secteur de tous les pays du monde, a pu grâce à la qualité de toutes les variétés de son huile, surpasser les plus grands producteurs d’huile d’olive dans le monde notamment en Italie, Espagne et au Portugal. Il compte à son palmarès les plus grands prix internationaux obtenus en France (une médaille), au Japon (2), à Londres (2), New York (2), Los Angeles (7) et en Italie (1). 

Grâce à sa qualité exceptionnelle qui lui a permis de remporter le label « huile d’olive bénéfique pour la santé», cette variété «Olivko», est vendue à Londres, en France, aux Etats unis, en Australie et au Japon, hissant ainsi l’image de la Tunisie dans ces pays notamment en matière de qualité du produit.

Avec un sourire qui ne quitte pas son visage séduisant, Karim retourne aux débuts de sa sucess story. « Jusqu’à la Révolution du 14 janvier 2011, je travaillais dans des domaines qui n’avaient rien à voir avec le secteur de l’agriculture et la fabrication des huiles », a indiqué Karim, rappelant qu’il est diplômé en ingénierie électronique.

Au cours de cette période, j’ai constaté l’importance du phénomène de construction en Tunisie, alors j’ai pensé à acheter des meubles de Chine pour les vendre en Tunisie, a-t-il expliqué, poursuivant sur un ton plein d’optimise et d’enthousiasme que son séjour en Chine qui n’a pas dépassé un mois et lui a permis de côtoyer les Chinois et connaitre leurs besoins, l’a poussé à réfléchir à inverser l’idée en vendant le produit tunisien et non pas le produit chinois.

« La première idée qui m’est venue à l’esprit est de travailler sur le créneau de l’huile d’olive d’autant plus que la Tunisie possède les meilleures variétés d’olives dans le monde », a souligné Karim.  Et d’ajouter que l’exploitation de l’huile d’olive tunisienne de la part des plus grands producteurs d’olive comme l’Italie qui le vend sous des labels italiens, n’a fait que renforcer son enthousiasme à l’idée de travailler sur ce produit tunisien.

Les premiers pas de l’expérience de Karim, originaire de l’ile de Djerba, a commencé par l’acquisition d’une petite quantité d’huile d’olive pour la vendre en Chine qui n’a pas exprimé une réelle volonté d’acheter de nouveau ce produit.

«Pour expliquer leur position, les Chinois ont souligné que le Tunisien leur vend la première fois un produit de qualité mais triche par la suite», a encore fait savoir Karim, estimant que cette position l’a incité à effectuer les études nécessaires et à parvenir à la constatation que la Tunisie se contente de vendre l’huile en vrac, en plus de l’absence de spécialité liée à la qualité.

Poursuivant des formations de sommelier dans une école spécialisée à New York dirigée par le responsable du magazine « Olive Oil Times », puis en Grande Bretagne, un pays dans lequel il vit depuis 25 ans, Karim est retourné en Tunisie pour démarrer la production en coopération avec un ami à Zaghouan qui a mis à sa disposition sa huilerie.

« J’ai commencé à presser les olives (5 tonnes seulement) achetées à Teboursek (Béjà) et collectées à ma manière pour participer ensuite au premier concours en Tunisie remportant une médaille d’or devant environ 700 candidats internationaux ».

Fitouri utilise pour la production de l’huile les méthodes et techniques saines, de la collecte des olives, leur transport et leur stockage jusqu’aux conditions de son extraction, comptant sur ses propres moyens et son expérience après 25 ans de travail à l’étranger.

Par la suite, il a exercé en partenariat avec « le domaine Mabrouka » à Utique (gouvernorat de Bizerte) sur une superficie de 19 hectares et dans une huilerie pour continuer à produire de l’huile de qualité supérieure à sa propre manière, laquelle repose essentiellement sur l’hygiène sans penser aux quantités qu’il va obtenir ni aux gains qu’il va percevoir. En effet, Fitouri oeuvre avant tout pour la qualité afin de conquérir les marchés, puis viennent les recettes.

L’amour de Fitouri pour son pays qui regorge de richesses naturelles abandonnées et non exploitées l’a poussé à vivre en deçà du niveau de vie auquel lui et sa famille étaient habitués en Grande Bretagne, tenant à rester en Tunisie afin d’être au service de son pays en soutenant le produit tunisien et en promouvant la destination Tunisie.  En effet, il considère que la réussite de l’écoulement de l’huile contribuera à ouvrir de larges perspectives face au reste des produits locaux ainsi que le tourisme.

A la faveur de la formation qu’il a acquise et les études qu’il a effectuées dans le domaine de l’huile d’olive, Karim qui a élaboré une stratégie s’étalant sur 15 ans et à même de positionner la Tunisie au même niveau que l’Italie, ambitionne de commercialiser « olivko » en Tunisie à condition qu’il y ait des sociétés de distribution qui répondent aux conditions de distribution de sa production.

Fitouri a exhorté l’Etat à intensifier la formation dans ce secteur, à élaborer une stratégie cohérente concernant l’huile d’olive et à ne pas se contenter de la cueillette et de la pression traditionnelle. 

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