L’Algérie possède 27 licences de pêches en Afrique jamais exploitées - Maghreb Emergent

L’Algérie possède 27 licences de pêches en Afrique jamais exploitées

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Le ministère de la Pêche promet depuis 2010 d’exploiter au moins 5 licences en Maurétanie mais, assure un acteur du secteur, « aucune entreprise algérienne de pêche n’a la logistique nécessaire pour opérer dans l’Atlantique. »

Selon une information que nous avons eue d’un ancien cadre de l’Etat, l’Algérie a obtenu 11 licences de pêche en Mauritanie pour 99 ans au début des années 80. Aujourd’hui, il reste 54 ans de validité pour ces licences alors qu’elles n’ont jamais été exploitées, à l’exception de premières années après leur obtention.

En effet, entre 1983 et 1987, ces 11 licences ont été exploitées pendant quatre ans par l’ALMAP, Algero-mauritanienne de Pêche Maritime dont 50% étaient détenus par  ENApêche et 50% par la Maurétanie. Mais, cette entreprise est tombée en faillite et ses activités ont été gelées, sa flotte a été abandonnée à Nouadhibou. En 2002, il y a eu une tentative de relance de la société ALMAP, mais sans succès, puisque la société qui allait la reprendre, Union Pêche appartenait à une banque privé qui venait d’être liquidée ; Union Bank.  Par conséquent, le Gouvernement, à travers le ministère de la Pêche, a proposé ces 11 licences à des opérateurs privés algériens à titre gracieux mais n’a jamais trouvé preneur.  « On m’a proposé en 2003 de prendre les 11 licences mauritaniennes de pêche de manière officielle et j’ai refusé faute de logistique pour les exploiter pleinement, » nous indiqué Ferhat Ait Ali, investisseur dans le domaine de la pêche maritime. « Pour opérer à 3500 Km d’Alger, il faut un approvisionnement en vivres, en gasoil et un bateau dédié à la récupération du produit de la pêche, ainsi que des cales à poisson dans les navire de pêche qui dépassent les capacités de pêche d’une marée de 40 jours. De plus, dans ces eaux, chaque deux jours on peut avoir l’équivalent de 2 mois de pêche en Algérie, mais ni les banques, ni l’Etat, ni les douanes n’ont suivi la projection des Algériens à l’extérieur, bien au contraire, » regrette Ferhat Ait Ali.

Ainsi, plus de 37 après leur obtention, les licences de pêche en Maurétanie n’ont jamais été effectivement et pleinement exploitées par l’Algérie alors qu’elle sont sensé booster le secteur en approvisionnant le marché algérien de poisson frais, l’industrie de transformation et, probablement, alimenter des chaine d’exportation. En 2013, le ministre de la Pêche des Ressources halieutiques, M. Sid Ahmed Ferroukhi, a promis de passer à l’action. «L’Algérie est toujours intéressée par l’exploitation de ses licences de pêche en Maurétanie. Nous sommes en train de finaliser le protocole d’accord lié à cette question», a-t-il indiqué le 10 mars 2013 lors de son passage au Forum de Liberté.  Avant lui, l’autre ministre, M. Abdallah Khanafou, en a parlé, notamment en 2011. Mais, plus d’un lustre plus tard, le projet reste toujours au stade théorique.

Quel sort réserve-t-on du coté du Gouvernement à ses licences ? Vraisemblablement aucun et le sujet ne semble pas à l’ordre du jour comme cela nous a été signifié par des cadres du secteur que nous avons contactés, ce qui est grave. Et la chose est d’autant plus que l’Algérie possède aussi 18 autres licences de pêche entre le Mozambique et la Guinée Bissau qui ne sont pas non plus exploitées alors que le coût du poisson est de moins en moins accessible aux bourses moyennes algériennes.

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