Tunisie : les majorations salariales dans le secteur public, une victoire à double tranchant (ANALYSE) - Maghreb Emergent

Tunisie : les majorations salariales dans le secteur public, une victoire à double tranchant (ANALYSE)

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Après une série de concertations marathoniennes, transformées parfois à un bras de fer serré, le gouvernement tunisien de Youssef Chahed et la principale centrale ouvrière, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ont finalement trouver un terrain d’entente concernant la majoration salariale dans le secteur public.

En effet, l’accord sur ces augmentations salariales a été signé conjointement par le chef du gouvernement, Youssef Chahed et le secrétaire général l’UGTT, Noureddine Taboubi.
Il est à rappeler que la commission administrative nationale de l’UGTT avait annoncé dimanche l’annulation d’une première grève dans le secteur public (parmi deux programmées dans les trois mois qui restent de l’année), initialement prévue pour le 24 octobre courant.
La seconde, qui reste encore valide, est programmée pour le 22 novembre prochain et sera décrétée, dans la fonction publique.
L’accord porte sur des augmentations des salaires des agents dans le secteur public en Tunisie au titre de trois années à savoir 2017, 2018 et 2019, outre l’engagement du gouvernement de contrôler les prix en maitrisant les circuits de distribution.
En plus, le gouvernement de Youssef Chahed s’est engagé à ne pas céder les entreprises publiques et à étudier leur situation cas par cas en coopération avec l’UGTT.
Les augmentations varient entre 205 et 270 dinars (environ entre 72 dollars et 95 dollars) sur le salaire brut, sur les trois années en question.
L’accord « est une victoire pour la Tunisie puisqu’il prémunie contre des tensions sociales », a affirmé M. Taboubi quelque peu après sa sortie du bureau du chef du gouvernement, Youssef Chahed.
Tout en rassurant les travailleurs tunisiens quant à l’avenir de leurs entreprises, le chef de l’UGTT a insisté sur l’obligation de « trouver un accord sur une augmentation des salaires dans la fonction publique ».
Certains observateurs locaux pensent que la réaction de la centrale syndicale tunisienne à la suite de cet accord est porteuse d’un double message, déjà contradictoires l’un par rapport à l’autre.
« Nous sommes prêts pour des négociations (…) le dialogue portera ses fruits et la grève n’est pas un désir de l’UGTT, plutôt une contrainte qui nous est imposée », a dit M. Taboubi.
Ce dernier a pointé du doigt la détérioration « alarmante » des salaires dans la fonction publique et encore pire du pouvoir d’achat des fonctionnaires.
Malgré l’accord déjà conclu entre l’UGTT et le gouvernement concernant le secteur public, les négociations sur des majorations salariales dans la fonction publique reste encore dans l’impasse.
Applaudies par la classe ouvrière et quelque part dans l’échiquier syndical tunisien, ces augmentations salariales dans le secteur public ne semblent cependant pas plaire autant aux patronats.
Contrairement à l’avis de l’UGTT et de son secrétaire général, « il s’agit d’une perte pour la Tunisie », a commenté dans la presse locale le président de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), Tarak Cherif.
M. Cherif a estimé que la cession de certaines entreprises publiques tunisiennes s’avère « une évidence », ajoutant que « la hausse des salaires dans le secteur public sera synonyme d’inflation ».
Il a espéré voir plusieurs points dans ce dossier rectifiés voire même changés, faisant allusion aux dispositions de la nouvelle loi des finances tunisienne.
Pour le chef de la CONECT, parmi les questions clé confrontées par le pays, figurent une meilleure maîtrise des dépenses publiques, et plus particulièrement l’instauration de sérieuses incitations à l’investissement au profit des entreprises tunisiennes.
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