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Algérie

Algérie – Terramin et l’ENOF trouvent un compromis pour exploiter le gisement de zinc de Tala Hamza

Par Maghreb Émergent
janvier 14, 2014
Algérie – Terramin et l’ENOF trouvent un compromis pour exploiter le gisement de zinc de Tala Hamza

[caption id="attachment_376" align="alignnone" width=""]Le reprise du dialogue entre Terramin et l'ENOF a donné ses fruits : le projet d'exploitation de zinc d'Amizour peut reprendre (DR)[/caption]

Terramin Australia et son partenaire algérien l’ENOF ont trouvé un compromis pour remettre sur pied le projet de développement du gisement de zinc et de plomb de Tala Hamza, à Bejaia. La mesure d'arbitrage international engagée contre l'entreprise publique algérienne en mai dernier est du coup suspendue.

 

Les discussions engagées ces dernières semaines à Alger ont ainsi abouti à la suspension de la procédure d’arbitrage international, engagée par Terramin contre l’Etat algérien. Outre la suspension de la procédure, l’opérateur minier australien, actionnaire majoritaire dans la joint-venture Western Mediterranean Zinc (WMZ) qui détient le permis d'exploration sur le gisement de Tala Hamza, près de Oued Amizour (wilaya de Bejaia), a annoncé en décembre dernier, avoir conclu un accord de coopération technique avec l’entreprise minière chinois NFC (China Non-Ferrous Metal Industry's Foreign Engineering and Construction Co., Ltd) pour faire progresser le projet. En vertu de cet accord, NFC examinera l'étude de faisabilité définitive (EFD) achevée par Terramin en Octobre 2010 ainsi que les questions soulevées à son égard par l'Entreprise Nationale des Produits Miniers non ferreux et des Substances Utiles (ENOF), son principal partenaire algérien dans la joint-venture, selon un communiqué de Terramin publié sur son site Internet.

NFC fournira une assistance technique pour répondre à ces questions, incluant la méthode d'exploitation proposée, précise l’entreprise australienne. Il faut dire que la méthode d’extraction du gisement de zinc, dont les réserves probables sont estimées à 68.6 millions de tonnes, est le principal point de discorde entre Terramin et ses partenaires algériens. Le mineur australien a choisi la méthode du foudroyage en masse, sur la base de la recommandation de l'expert minier international, Golder Associates (Golder), méthode qu’il considère «comme la plus sûre et la plus viable financièrement pour ce gisement complexe». L’ENOF ainsi que le ministère de l’Energie et des mines se sont opposés à cette méthode, évoquant les risques environnementaux, préférant la méthode des tunnels.
Une série de discussions positives
A présent, les choses semblent rentrées dans l’ordre. L’accord signé avec NFC à Alger vient de couronner « une série de discussions positives avec nos partenaires de joint-venture : le Gouvernement algérien et NFC ». « Ces discussions ont mis en évidence que toutes les parties ont tenues de faire avancer le projet et notamment de poursuivre l’objectif du gouvernement algérien de diversification industrielle, de la création d'emplois et de développement économique », précise l’entreprise australienne dans le communiqué.

Pour entamer ce processus, Terramin, ENOF et NFC ont convenu de procéder à l’organisation d’un atelier technique, début de 2014, afin de déterminer le plan de travail pour la NFC. Cette dernière a également accepté de mettre à jour l’étude de faisabilité définitive en tenant compte des résultats de leur examen. En contrepartie de ces services, Terramin a consenti à émettre, au profit de NFC, 12 millions d'actions ordinaires à la signature de l’accord de coopération technique et jusqu'à 26 millions d'actions ordinaires supplémentaires à la fin de chaque étape de son exécution.
Suspension de la procédure d’arbitrage international
Les discussions d’Alger entre Terramin et ses partenaires algériens, que l’entreprise australienne a qualifiées de « positives », ont permis de parvenir à la suspension de la procédure d'arbitrage portée au mois de mai 2013 devant la Chambre internationale de Commerce à Paris. Le but, selon Terramin, était de trouver une « solution aux divergences persistantes entre les partenaires concernant la proposition de Terramin pour l'élaboration du projet de Tala Hamza, comme indiqué dans l'étude de faisabilité définitive qui a été achevée et présenté en Octobre 2010 ».

Le PDG de Terramin, Martin Janes se réjouit du regain d’intérêt pour le projet Tala Hamza, qui intervient dans le contexte « opportun » où les prévisions d’analystes de renom tablent sur une augmentation des prix du zinc et du plomb. Ce responsable se dit aussi « content d'avoir obtenu l’assistance technique de NFC » pour avancer dans le projet. « NFC est une entreprise de construction très expérimentée avec une vaste expérience dans le monde entier, y compris l'expérience " sur le sol " en Algérie », dit-il.

Pour rappel, Terramin avait envisagé en avril 2012 de céder ses participations dans la WMZ où elle détient 65 % du capital contre 32,5 pour l’ENOF et 2,5% pour l'Office de Recherche Géologique et Minière (ORGM) au profit de NFC sans parvenir à un accord final, surtout que les autorités algériennes s’y étaient fermement opposées.