Ali Hached : "Si on ne fait rien, il n'y aura plus de gaz pour produire de l'électricité en 2030 !" - Maghreb Emergent

Ali Hached : « Si on ne fait rien, il n’y aura plus de gaz pour produire de l’électricité en 2030 ! »

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L’ancien vice-président commercialisation de Sonatrach, Ali Hached, a fait son constat sur le plateau de Radio M, ce lundi 07 juin, sur la nécessité de renouveler les gisements Hydrocarbures de Sonatrach, afin d’assurer la sécurité énergétique de l’Algérie.

« Les expériences nous montrent que si on ne fait rien aujourd’hui, si on ne découvre pas de nouvelles réserves, et si on ne regarde pas de plus près le non conventionnel, cela veut dire qu’on a un sérieux problème », a alerté M. Hached lors de son passage dans l’émission « Invité du Direct » de Radio M.

Pour cet ancien cadre de Sonatrach, le scénario de l’hiver dernier, où l’Algérie n’a pas pu approvisionner l’Espagne en gaz pendant quelques heures, lors de la forte vague de froid qui a frappé l’Europe, « est un signe qui ne trompe pas, sur la faible capacité de Sonatrach de répondre à ce genre de situation urgente».

Selon lui, Sonatrach était toujours en mesure de répondre à n’importe quel volume de demande. « Ceci, grâce à sa capacité considérable de production  et sa flexibilité de répondre à la demande ».

Le gisement de Hasi R’mel est un véritable stocke, qui permet de répondre à la demande instantanément, a estimé l’invité de Radio M. « Mais la consommation nationale, entre-temps, a augmenté. Et si vous conjuguez trois éléments en même temps ; froid rigoureux en Europe, avec une demande forte en locale, alors vous êtes « coincés » si jamais votre gisement principal s’essouffle », a-t-il indiqué.

Selon M. Hached, la conjoncture actuelle, les bouleversements de part et d’autre et surtout  la pandémie de 2020, qui a frappé de plein fouet l’économie mondiale, « fait qu’il y a probablement des déficiences dans le secteur ».

« L’Algérie n’avancera pas beaucoup dans la transition énergétique »

Pour pallier aux différentes problématiques qui entourent le développement du secteur énergétique de l’Algérie, M. Hached estime que les experts du domaine doivent avoir un consensus sur une vraie politique énergétique. « Dans ce genre de situation, il faut  d’abord avoir une vision et pour cela, il faudrait un consensus des experts pour amener le gouvernement  à prendre les bonnes décisions », a fait savoir l’ancien responsable de Sonatrach.

Selon lui, une fois ce consensus se désigne, l’Algérie pourra alors élaborer une stratégie de mise en œuvre qui se décline à travers des politiques claires et programmatiques appuyées sur des éléments efficaces.

« Je n’ai pas l’impression aujourd’hui que les instruments qu’on est en train de mettre en place sont utiles  et nécessaires », a-t-il, par contre, regretté.

Pour lui, parler de transition énergétique est une nécessité, mais c’est une problématique de long terme. Car, selon ses dires, avec la vitesse qu’on n’a pris depuis 2011, « l’Algérie n’avancera pas beaucoup dans ce domaine ».

« Le 1000 MW annoncé aujourd’hui est utile et nécessaire mais qu’est-ce qu’il va économiser en quantité de gaz ? 2,7 milliards de m3 par ans, c’est-à-dire à peine le volume de l’augmentation annuelle de la consommation », a martelé l’invité du Direct.

Pour Ali Hached, avec cette même vitesse et le problème de financement que nous allons rencontrer, il faut définir une véritable trajectoire faisable qui permettra d’amorcer, selon lui, une véritable transition énergétique. « Mais  il faudrait continuer à s’appuyer sur le gaz naturel car il est l’élément moteur de notre production électrique aujourd’hui », a-t-il conclut.

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