La Tunisie prépare un plan national pour booster ses exportations - Maghreb Emergent

La Tunisie prépare un plan national pour booster ses exportations

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La Tunisie a exporté sur toute l’ année 2015 une enveloppe de 40 milliards de dinars (un dinar vaut 0,50 USD) dont 28 milliards de dinars de produits et 12 milliards de services, a annoncé jeudi la présidente de l’ Union tunisienne de l’ Industrie, du commerce et de l’ artisanat (UTICA) Wided Bouchamaoui. “A l’ arrivée de la prochaine décennie, la Tunisie pourrait promouvoir davantage ses exportations pour atteindre 100 milliards de dinars annuellement”, a estimé la présidente de la centrale patronale tunisienne lors d’une cérémonie pour présenter un plan national pour la promotion des exportations.

Présent à cet événement, le premier ministre tunisien Habib Essid a indiqué que le secteur de l’exportation contribue à hauteur de 38,4% au produit intérieur brut (PIB) dans une économie nationale ouverte à 87%.
Durant la dernière décennie, a-t-il ajouté, le taux de couverture des exportations par les importations est élevé en comparaison avec les pays similaires, soit une moyenne de 70%.
Malgré une certaine réticence observée auprès de certains clients étrangers, les produits et services tunisiens gardent encore une assez forte présence vue la demande incessante sur les marchés internationaux.
“Afin de booster l’ économie nationale, force sera de parier sur les exportations (…) d’ où
l’amélioration du développement régional et la création d’ emplois”, a raconté M. Essid.
Il a fait remarquer que le gouvernement a pris une liasse de mesures pour libéraliser et relancer l’économie nationale à la faveur de l’ouverture sur l’étranger, outre la consolidation des relations commerciales avec les principaux opérateurs économiques. Les exportations tunisiens, a fait savoir Essid, disposent de points forts dont la diversité de l’économie et les compétences tunisiennes par lesquelles la Tunisie se distingue, sans oublier les possibilités d’évolution dans des secteurs à forte valeur ajoutée (montage des voitures, composants automobiles, services sanitaires….).
Il a insisté que “le produit tunisien doit être diversifié pour ainsi garantir sa compétitivité et son ouverture sur de nouveaux marchés” .
Les entreprises tunisiennes se veulent, certes, capables de se positionner au sein de plusieurs marchés émergents notamment le marché russe, africain et asiatique.
Selon le chef du gouvernement tunisien, les exportations tunisiennes souffrent encore de la lenteur des procédures administratives, le coût élevé du transport et des frais logistiques en plus de la pénurie de liaisons maritimes faute de stabilité géopolitique dans toute la région.

Un Fonds d’Appui à la Compétitivité et au Développement des Exportations

Pour rappel, Fonds d’Appui à la Compétitivité et au Développement des Exportations “TASDIR+”, d’un montant de 22 millions de dollars (plus de 40 millions de dinars tunisiens) a été lancé dernièrement pour fournir l’assistance technique et financière à 1000 entreprises exportatrices tunisiennes.
Ce fonds s’inscrit dans le cadre du 3ème projet de développement des exportations (PDE3).
Le PDE 3, un projet d’une durée de 5 ans financé, en partie, par la Banque Mondiale à hauteur de 50 millions de dollars, a pour objectif de renforcer les capacités des entreprises à l’export et d’aider les pôles économiques à accéder aux marchés extérieurs, à diversifier les exportations des biens et services à haute valeur ajoutée et accroître le contenu technologique des exportations tunisiennes.
Il a, également, pour objectif d’accéder à des marchés non conventionnels tels que ceux de l’Afrique subsaharienne, l’Europe de l’Est et l’Amérique du Nord.
L’UTICA a appelé les autorités compétentes à développer les services du port du Radès pour réduire la facture des exportateurs, gonflée à cause de la longue durée de stationnement des conteneurs (25 jours) et la lenteur des procédures de dédouanement.
L’UTAP a pour sa part, fait valoir que le développement des exportations reste tributaire de l’équilibre entre les différents maillons de la chaîne économique, soulignant la nécessité de “développer le cadre juridique et d’installer de nouveaux systèmes de transport et de formation”.

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