Le FMI impose au gouvernement tunisien des hausses des prix du pain et de l'énergie - Maghreb Emergent

Le FMI impose au gouvernement tunisien des hausses des prix du pain et de l’énergie

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Les mesures budgétaires prises par le gouvernement tunisien pour répondre aux conditions du prêt accordé par le Fonds monétaire international (FMI) comportent des augmentations des prix du carburant et de la baguette, indiquent des documents confidentiels révélés par le site d’informations tunisien Nawaat.

Un document émanant du Ministère tunisien du Commerce, mis en ligne sur le site d’informations Nawaat.org, prévoit d’augmenter le prix de la baguette de pain de 10 millimes de dinars tunisien. Le gouvernement planifie, par ailleurs, deux augmentations des prix du carburant, une première de 3 % au mois de février et une seconde de 5 % au mois d’août, selon le site Nawaat. « En plus de ces augmentations, le Ministère de l’Industrie et la Présidence du Gouvernement mettront en œuvre une formule de “fixation automatique du prix du carburant”, ajoute le site d’informations tunisien, qui explique qu’il  » s’agit d’un mécanisme permettant aux prix locaux d’être ajustés, d’une manière “dépolitisée”, proportionnellement aux prix internationaux ».
Augmentations contre prêt du FMI
L’application de nouveaux tarifs pour les produits énergétiques fait partie des six mesures auxquelles doit répondre la Tunisie pour obtenir le déblocage de la deuxième tranche du prêt de 1.7 milliard de dollars accordé en juin 2013 à la Tunisie par le Fonds monétaire international (FMI), indique Nawaat qui cite un extrait d’une « note sur les prochaines étapes dans le cadre du stand-by avec le FMI », émanant de la Banque centrale tunisienne (BCT) en date du 3 janvier. « L’examen du dossier de la Tunisie par le Conseil d’Administration du FMI le 29 janvier, qui devrait déboucher sur la conclusion de la 1ère et 2ème revue et par conséquent le déblocage des 500M$, est conditionné par la réalisation de six actions préalables, dont nous devons soumettre au Fonds, au plus tard le 20 janvier 2014, les justificatifs de leur mise en œuvre ».

Risques d’explosion sociale
« Nous nous demandons ainsi s’il est raisonnable de prendre de telles mesures dans le contexte des récentes émeutes et protestations qui ont eu lieu, partout en Tunisie, suite à l’augmentation des taxes appliquées sur les véhicules ? », s’interroge le site électronique. La hausse de 25 % de la taxe sur les voitures, prévue dans le budget 2014 a ainsi provoqué des protestations dans plusieurs villes du sud du pays au cours desquelles deux agents de police ont été blessés, selon une dépêche Reuters du 8 janvier. « J’ai été surpris quand je suis allé payer mes impôts. J’arrive à peine à gagner 10 dinars (6 dollars) par jour et avec ces nouvelles taxes je perds presqu’un dinar », a déclaré à l’agence britannique, Sami Bahri, chauffeur de taxi.
Le déficit budgétaire tunisien devrait dépasser 6.8 % du PIB en 2013 et le taux d’inflation annuel a atteint 6 % en décembre, après s’être stabilisé à 5.8 % les trois précédents mois.

 

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