Les ménages marocains s’endettent de plus en plus pour améliorer leur niveau de vie, et avoir accès à divers produits. Mais, surtout, pour financer l’acquisition d’un logement, selon une analyse de la banque centrale du Maroc.
En 2015, la dette financière des ménages marocains s’est aggravée de 5,1% à 297 milliards de DH, contre 4,8% en 2014. Et, rapporté au PIB, le ratio de la dette s’élève à 30%, selon Bank Al Maghrib (BAM). Un ratio plus élevé que celui dans les pays en développement et émergents, selon le rapport annuel de Bank Al-Maghrib sur la stabilité financière au titre de l’année 2015. Ce sont en fait les crédits octroyés dans le cadre de prêts pour l’habitat qui sont les plus importants avec environ 64% de l’encours global contre 36% pour les crédits à la consommation. L’encours est porté à la fois par l’augmentation des crédits à l’habitat et à la consommation, et pèse près de 36% des concours des établissements de crédit, contre 35% en 2014, note BAM. Pour autant, les crédits à long terme contractés pour le financement de l’achat de biens immobiliers enregistrent une baisse, entamée depuis 2010, et après la hausse de 6,7% de 2014, la tendance est passée à 5% en 2015. La raison de cette décélération tient dans le fait que les ventes de biens immobiliers résidentiels ont baissé de 3,5% et un enchérissement de 0,9% de leurs prix.
Mais, si les taux d’intérêts à l’habitat ont baissé, les ménages marocains ont préféré contracter des prêts à taux fixe, qui a représenté 89% de leurs crédits à l’habitat contractés en 2015. Face à une pression sur leurs revenus, les ménages marocains s’orientent, selon BAM, vers des crédits à l’habitat sur des durées de plus en plus longues. 57% de l’encours des crédits sont d’une durée de remboursement de 20 à 30 ans, soit 2 points de plus qu’en 2014.
Crédits à long terme
Les crédits d’une durée de 10 à 20 ans représentent quant à eux 35% en 2015 contre 37% en 2014. D’autre part, l’encours du crédit à la consommation des ménages marocains a augmenté de 5,8% à 106,4 milliards de DH. Cet endettement représente le financement des projets personnels, avec une part de 63%, puis aux achats de voitures (36%), avec des échéances de remboursement plus longues. Et, par milieu de résidence, les MRE (marocains résidents à l’étranger) sont les plus »endettes ». Ainsi, la population résidente cumule un endettement de 276 milliards de DH, en progression de 4,6% en 2015 contre 5,3% en 2014. Quant à la dette totale des MRE, elle est en hausse de 12%, soit le tiers de leurs transferts. Mais, globalement, la valeur des avoirs financiers des ménages marocains a atteint 700 milliards de DH à la fin de 2015, en hausse de 7,1% par rapport à 2014, année au cours de laquelle elle avait crû de 6,8%, explique BAM. Enfin, 83,9% de fonctionnaires et salariés bénéficiant d’un salaire supérieur à 6.000 DH sont la catégorie sociale qui a le plus recourt aux emprunts et autres crédits bancaires.