L’Etat algérien s’est expliqué sur la détention et la condamnation de l’activiste politique Karim Tabbou dans un document de 13 pages adressé au Haut Commissariat des Nations-Unis aux droits de l’homme.

Répondant à trois rapporteurs spéciaux de l’Haut commissariat des droits de l’homme de l’ONU, qui ont adressé un questionnaire à l’Algérie sur l’affaire de Karim Tabbou, la délégation permanente de l’Algérie auprès  de l’Office des Nations-Unis à Genève a rassuré que la justice a respecté toutes les procédures prévues par la loi dans le traitement du dossier judiciaire du détenu en question.

Elle affirme que les droits de ce dernier en tant détenu sont respectés. « S’agissant des allégations faisant état de son isolement en détention, nous attestons qu’il ne fait l’objet d’aucune mesure d’isolement, ses avocats qui lui rendent visite matin et soir en  est une preuve. L’isolement étant une mesure disciplinaire à l’égard des détenus qui ne se conforment pas aux règles de détention, et qui est une mesure prévue par la loi », rassure la délégation algérienne.

En ce qui concerne le déroulement de procès de Tabbou, la représentation algérienne à l’ONU a nié la véracité de ce qui a été rapporté par ses avocats. « Les magistrats siégeant à cette chambre pénale ont estimé que le dossier (comme d’autres dossiers qui étaient enrôlés à la même audience) n’avait pas de raison de connaitre de renvoi dans la mesure où le prévenu était présent, ses avocats également, sachant que ces derniers étaient en connaissance parfaite du dossier depuis son début », écrit-t-elle.

En outre, la délégation algérienne a contesté l’attribution du statut de détenu politique à Karim Tabbou. « Contrairement à ce qui est rapporté, Karim Tabbou n’a jamais été arrêté pour ses engagements politiques, bien au contraire , ce dernier active depuis des années déjà dans le champs politique algérien en s’étant toujours inscrit dans une posture d’opposition au pouvoirs publics sans pour autant qu’il n’ai été inquiété par une quelconque mesure restrictive ni avoir subi de déboires ou des démêlés judiciaires pour ses opinions ou ses positions », affirme la délégation algérienne.

« Mr Tabou, à l’occasion des événements de 2019 qu’a connu l’Algérie, a sciemment enfreint le contrat social qui lui impose le respect des lois et des institutions de la république à l’occasion de ses activités politiques, tel qu’exigé dans toutes les sociétés démocratiques », a-t-elle ajouté.

Les représentants de l’Algérie à l’ONU ont même accusé Karim Tabbou d’avoir distillé des discours incitant à la désobéissance civile contre les institutions de l’Etat « et notamment l’armée nationale, ce qui a conféré à ces discours un caractère pénal avéré ». Ils ajoutent : « trois enregistrements publics de M. Tabou, mettent en exergue des paroles tendancieuses dirigées contre l’ANP »

Pour rappel, des rapporteurs spéciaux de l’ONU ont demandé à l’Etat algérien de s’expliquer en urgence sur l’affaire de Karim Tabbou.

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