Par Mohamed Sayoud, Consultant International en Investissement Industriel et fondateur du cabinet Invest Design Consulting

Le nouveau dispositif ANSEJ/CNAC/ANGEM sera placé sous la tutelle du ministère délégué au premier du Premier ministre chargé des mico-entreprises. L’ancienne version était une usine à gaz qui a débouché sur un grand fiasco. N’ayant pratiquement rien apporté à l’économie nationale, elle a au contraire criblé de dettes les banques algériennes. 

En effet, des milliards de dollars investis sans arriver à dépasser le plafond de verre consistant en la création d’un million d’emplois, à défaut de générer d’une quelle conque richesse palpable. 

Le nouveau programme doit être conduit, géré et contrôlé par des professionnels techniques ayant une grande expérience dans l’industrie et l’économie, afin de ne pas reproduire les erreurs du passé.

Du côté des décideurs, force est de constater qu’une nouvelle démarche a été annoncée, du moins sur le papier. l’acquisition des machines et lignes de production de l’étranger a été officialisée récemment ce qui est, avouons le, une des clés qui va permettre aux investisseurs de payer les prix réels des machines et réduire les montants colossaux investis auparavant dans ce secteur, à travers des opérations et des transactions “abracadabrantèsques” !

Pour garantir la santé et la pérennité de tels investissements, ANSEJ/CNAC/ANGEM devraient lutter contre la surfacturation des prix des machines et lignes de production. Une démarche à effectuer en partenariat avec des cabinets de conseils en investissement, afin d’éviter la sur facturation et le profilage au détriment du trésor public.

Aujourd’hui, il est indispensable de changer d’attitude vis-à-vis de l’investissement de “petite taille” !

D’autre part, il faudra adosser les futurs porteurs de projets sur un comité de contrôle, en guise de garde-fou contre les méfaits de la surfacturation, car la majorité des anciens bénéficiaires de ANSEJ/CNAC/ANGEM ont payé les équipements et machines 2 à 4 fois leur valeur initiale. Ceci a de facto impacté la rentabilité de leurs projets. S’approvisionner directement à la source de l’usine afin d’avoir les meilleurs prix sans passer par les revendeurs ou intermédiaires devient alors une étape capitale dans le pipeline de ces promoteurs.

Ensuite, les fournisseurs devraient veiller à proposer des stages et des formations en matière de management et développement de projets, afin d’insuffler un élan de “business development” et non de vente directe B to C uniquement. Un réel changement au niveau du comportement des fournisseurs est primordial pour décupler les capacités des jeunes entrepreneurs et les intégrer dans la dynamique économique.

De plus, il faudra lutter contre toute forme de bureaucratie. De ce fait, les jeunes entrepreneurs ANSEJ/CNAC/ANGEM doivent pourvoir se référer à des professionnels du conseil et de l’accompagnement en développement de projets et non à des agents administratifs ignorant les rouages du domaine industriel.

D’aucuns se demanderont si une telle démarche est vraiment nécessaire dans la vie d’un projet de PME ou de TPE. La réponse est oui ! Les besoins en conseil de ce type d’entreprises, souvent très vulnérables aux changements macroéconomiques en phase de démarrage, n’est plus à démontrer ! Ne serait-ce que pour améliorer leur positionnement économique et leur ciblage commercial.

D’autre part, l’orientation des projets selon les caractéristiques et les besoins locaux de chaque commune ou wilaya, en matière d’investissement est souvent gage de réussite. Pour cela, il faut mettre en pratique certaines données techniques, qui ne peuvent résulter que d’un travail d’intelligence économique, notamment en termes de législation et d’étude de marché.

Enfin, Il faut en finir avec la discrimination des fournisseurs conventionnés avec Ansej, qui selon moi est une aberration économique, tant elle tend à favoriser les pratiques de monopole.

Rappelons que les dispositifs ANSEJ/CNAC/ANGEM avaient enregistré un taux de recouvrement dérisoire par rapport aux montants colossaux investis. Les bénéficiaires de ce programme, qui pour la plupart n’ont pas juger utile de se faire conseillés puis orientés par des professionnels de l’accompagnement technique sur terrain durant la phase exploitation ont tout bonnement failli. D’autres n’ont même pas pu dépasser la phase de démarrage.

Mais il est serait d’utilité publique de désigner (symboliquement) les coupables de cette forfaiture et d’en tirer les conséquences, avant même de penser à relancer le dispositif. A titre d’exemple, il conviendrait de s’interroger sur les habilitations et les compétences qu’ont généralement les différents responsables ou conseillers des fameuses antennes ANSEJ/CNAC/ANGEM, à juger de la viabilité ou la rentabilité d’un projet donné, à l’échelon local et national.

Si les préalables nécessaires à la création d’entreprise sont souvent occultés, les chances de réussite sont alors assez minces. S’ajoutent à cela facteurs post-création, tels que la mauvaise gestion ou un faux départ engendré par la lourdeur des démarches administratives, qui risquent de basculer le projet dans une obsolescence prématurée.

Je préconise, par ailleurs, la création d’une plateforme fournisseurs et favoriser la concurrence, mais aussi l’instauration d’un réseau de professionnels susceptible de fédérer leurs efforts et les rapprocher des dispositifs pour déposer leurs offres (formations gratuite, service après vente, garantie…)

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