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Louisa Hanoune : En attaquant le DRS, on donne des prétextes à une intervention étrangère

Par Yacine Temlali
février 15, 2014
Louisa Hanoune : En attaquant le DRS, on donne des prétextes à une intervention étrangère

[caption id="attachment_1030" align="alignnone" width=""]Louisa Hanoune et une rencontre intrigante avec le patron de l'armée.[/caption]

Selon un communiqué du Parti des travailleurs, Louiza Hanoune et le général Gaïd Salah ont abordé, lors de leur rencontre jeudi, la « situation régionale chargée de menaces » et ses « incidences sur l'Algérie après les interventions étrangères » (dans des pays voisins, NDLR). Ils ont également évoqué la « crise préfabriquée dans la wilaya de Ghardaïa et ce qu'elle reflète comme manœuvres internes et externes visant la pérennité de la nation ».

 

 

La secrétaire général du Parti des Travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a expliqué, dans un communiqué rendu public aujourd’hui la teneur de son entrevue, jeudi, avec le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah.

Selon le communiqué, la secrétaire général du PT a insisté sur l'impératif de « préserver l'unité de l'armée et sa cohésion contre toute tentative de division » qui aurait un effet déstabilisateur sur le pays. Dans une allusion directe aux attaques du secrétaire général Amar Saïdani contre le chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général de corps d’armée Mohamed Mediene (Toufik), elle a souligné que la prétendue « incapacité » de l’Algérie à lutter contre le terrorisme et « notamment à Tiguentourine, Tibhirine, devant le siège des Nations unies » peut servir de « prétexte à des interventions étrangères ».

La rencontre, indique le communiqué, répondait à une demande d’audience formulée après la désignation, en septembre dernier du général Gaïd Salah, dans ses fonctions « politiques » de vice-ministre de la Défense nationale.

Les deux parties ont évoqué, selon le texte, la « situation régionale chargée de menaces » et ses « incidences sur l'Algérie après les interventions étrangères » (dans des pays voisins, NDLR). Le général Gaïd Salah, souligne le texte, a affirmé que l'ANP défendra l'intégrité du territoire national et la « souveraineté du pays » et ne participera à « aucun conflit extérieur ».

Louiza Hanoune et le chef d’état-major ont également abordé, indique le communiqué, la « crise préfabriquée dans la wilaya de Ghardaïa et ce qu'elle reflète comme manœuvres internes et externes visant la pérennité de la nation ».

Ahmd Gaïd Salah s’est contenté de rappeler le communiqué du président de la République dénonçant les atteintes à l'unité de l'armée. Il a affirmé que « l'institution militaire n'intervenait pas dans les affaires politiques » et a insisté sur son caractère « républicain ». Il a également assuré que les conditions sont réunies pour la tenue de l'élection présidentielle.

 

Vers un nouvel argumentaire en faveur du 4ème mandat du président Bouteflika ?

 

La sortie d’Amar Saïdani contre le DRS a suscité des répliques vigoureuses de la part des appareils politiques liés au régime. L’ancien général, Hocine Benhadid, a, lui, accusé le SG du FLN de rouler pour le clan présidentiel auquel il a associé le général Gaïd Salah. Des personnalités politiques se sont « étonnées » de voir une candidate à l’élection présidentielle aller voir le chef d’état-major de l’armée. Elles n’excluent pas la possibilité que le clan présidentiel fasse jouer à la présidente du PT un rôle politique consistant à dramatiser la situation pour défendre la préservation du statu quo. Qui dans le contexte algérien consiste à défendre l’option d’un quatrième mandat même si des doutes sont ouvertement exprimés sur la capacité de Bouteflika à assumer sa charge.

Louisa Hanoune, suggère un observateur, serait dans son rôle habituel, qui consiste à mettre en garde contre les malveillants agissements extérieurs quitte à justifier un immobilisme intérieur. Selon lui, l’argumentaire pour la réélection de M. Bouteflika pourrait désormais suggérer une similitude entre la situation en Algérie et la situation en Ukraine. Les candidats qui prônent un « changement immédiat » seraient ainsi considérés comme faisant partie d’un « scénario à l’ukrainienne » et comme étant soutenus par des puissances étrangères, note-t-il

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