Le gouvernement de Saad Eddine El Othmani compte dialoguer avec les syndicats dans le cadre d’une tripartite, sur la loi sur le travail, le droit de grève, et la relance de l’emploi.
Dans un entretien publié vendredi par le quotidien »L’économiste », Mohamed Yatim, ancien SG de l’Union nationale marocaine des travailleurs (UNMT), proche du Parti Justice et Développement (PJD), et ministre de l’emploi dans le gouvernement El Othmani, estime que le dialogue social est important aussi bien avec les centrales syndicales qu’avec le Patronat.
Interrogé sur la forme de dialogue social que le gouvernement entend instaurer, il a répondu que »nous n’avons pas de vision prête ni de cadre précis », avant d’ajouter que »ce dossier doit être tranché avec les partenaires sociaux et nous allons adopter la formule capable d’asseoir un dialogue constructif et régulier. »
Les discussions avec la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) qui veut introduire plus de flexibilité dans le code du travail, se feront, selon Mohamed Yatim, »dans le cadre du dialogue social. Personne ne peut accepter une flexibilité qui porterait atteinte aux droits fondamentaux des travailleurs. » Un contrat social »nous permettra de dépasser les divergences », a-t-il précisé, car, selon lui, »le code du travail est perfectible. »
Quant aux demandes des syndicats sur la refonte de la grille de l’impôt sur le revenu et la hausse du smig, il a estimé qu »’il est prématuré d’adopter une position sur ces dossiers tant que le gouvernement n’est pas officiellement saisi par les centrales syndicales. » »Les revendications doivent être étudiées et leur coût évalué », a-t-il ajouté. L’examen de ces revendications exige, a-t-il dit, »un dialogue tripartite entre l’Etat, les syndicats et la CGEM. »
Sur les mesures urgentes à mettre en place pour relancer l’emploi, il a rappelé qu’il faut passer par l’adoption du projet de loi de Finances 2017 par le Parlement. »Le texte prévoit la création d’un certain nombre de postes budgétaires », a-t-il expliqué, avant de relever que »les recrutements dans les différentes administrations seront rapidement lancés’’.
Droit de grève, quel sort ?
Quant au droit de grève, que le gouvernement veut limiter et que les syndicats défendent depuis le premier gouvernement Benkirane, il a rappelé que »d’abord, c’est une exigence constitutionnelle. Ensuite, le gouvernement était obligé de déposer ce projet de loi organique dans les délais prévus par la Constitution. »
Le projet de loi sur la grève avait été approuvé en Conseil des ministres et déposé au Parlement. »Son adoption, son rejet ou son amendement sont aujourd’hui du ressort de l’institution législative », affirme le ministre de l’Emploi, selon lequel »la loi doit organiser le droit d’exercice de la grève et non le supprimer. »
Enfin, sur le chantier de la réforme du régime des retraites, le ministre a affirmé que »ce chantier sera mené en concertation avec les partenaires sociaux pour parvenir progressivement à asseoir un régime viable. »