Monnaie numérique en Algérie : ce n'est pas pour demain !

Monnaie numérique en Algérie : ce n'est pas pour demain !

A l’instar de ce qui se fait partout dans le monde, les services bancaires et les monnaies se digitalisent et les transactions commerciales se dématérialisent, allant des paiements par cartes, et paiements mobiles en cryptomonnaies se généralisent de plus en plus.

En Algérie, Après l’interdiction des cryptomonnaies et le retard enregistré jusque-là dans les généralisation des modes de paiements électroniques et digitaux, la banque d’Algérie, seule autorité qui peut donner le feu vert pour la création ou l’adoption d’un dinar numérique, basé bien sur sa monnaie fiduciaire.

Est-ce que la monnaie numérique va-t-elle exister un jour en Algérie ? C’est la question posée, par l’économiste Rachid Sekkak, ce mercredi 16 mars dans le cadre d’une journée d’étude sur la finance digitale, organisée par le Think-Tank, Cercle d’Action et de Réflexion autour de l’Entreprise (CARE), au vice-gouverneur de la Banque d’Algérie, Mouatassem Boudiaf.

Le vice-gouverneur a éloigné cette possibilité, du moins pour l’instant. D’abord, il a précisé que « la loi sur la monnaie et le crédit limite la monnaie nationale à l’aspect fiduciaire. S’il y a un besoin d’aller vers la monnaie digitale, il faut amender ces articles et cela reste du ressort exclusif de la Banque d’Algérie.

« L’émission de la monnaie numérique, à l’instar de l’émission de la monnaie fiduciaire ne se fait que par des banques centrales et il va falloir par contre imaginer de quelle manière on peut permettre, à travers des intermédiaires agréer (banques) de passer par des phases transitoires », indique-t-il. Il ajoute qu’il faut trouver un juste milieu qui puisse répondre notamment au principe de gestion de risque et sécurité de systèmes de paiement et sécurité des utilisateurs ».

« Il y a des principes sur lesquels on ne pourra pas y déroger, mais on doit se donner les outils juridiques pour qu’on puisse accompagner ces initiatives constructives et nécessaires au développement de l’économie nationale », insiste-t-il.

Le prochain texte donnera-t-il le feu vert ?

Sur le même sujet et également sur le moyen de rattraper le retard, l’avocate et membre de CARE, Hind Benmiloud a révélé que « la prochaine loi sur la monnaie et le crédit, qui est en mouture va donner un mandat beaucoup plus large à la Banque d’Algérie, qui pourra se donner une attitude rapide et efficace pour mettre en place des textes qui le permettent ».

« Il y a un manque dans l’aspect législative et il faut y aller vite pour qu’il y’ait ce développement des services bancaires et de paiements. Mais des textes d’applications doivent suivre si on veut réellement aller très vite », a-t-elle ajouté.