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Maghreb

Nouvelle escalade de violence à Ghardaïa, les hautes autorités tentent de régir

Par Yazid Ferhat
février 6, 2014
Nouvelle escalade de violence à Ghardaïa, les hautes autorités tentent de régir

[caption id="attachment_547" align="alignnone" width=""]Nouvelle escalade de violence à Ghardaia [/caption]

Une réunion « top secret » réunit en ce moment au siège de la wilaya de Ghardaïa le wali de la wilaya et le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaiz, accompagné des patrons de la Police et la Gendarmerie nationale, Ahmed Bousteila et Abdelghani Hamel. Rien n’a filtré de cette réunion à laquelle même les notabilités de la ville n’ont pas été invitées.   

 

La situation à Ghardaïa reste des plus tendues. Malgré l’arrivée, ce jeudi matin, de nouveaux renforts des forces de police envoyés aux alentours du cimetière Cheikh Baba Oueldjamma , des heurts opposaient encore ce matin des jeunes issus des quartiers arabes aux mozabites, selon des sources locales. Les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes à l’effet de disperser les antagonistes.  Ces échauffourées font suite à de graves dérapages survenus 48 heures plutôt au quartier mixte arabe-mozabite de Mermed. Bilan lourd : un jeune étudiant mozabite mortellement poignardé tandis qu’un autre se trouve dans un coma suite à des blessures, sa situation étant jugée critique. On compte aussi des dizaines de blessés de part et d’autres, selon des témoins, contactés par Maghreb Emergent. C’est le quatrième décès depuis le déclenchement des hostilités entre arabes malékites et mozabites ibadites en décembre dernier. Selon Kamel Eddine Fekhar, militant mozabite des droits de l’homme, la victime s’appelle Baba Ousmail Azzedine, un étudiant de 22 ans, habitant le quartier de Baba Oueldjamma . Selon la même source, les heurts ont également fait un autre blessé grave parmi les mozabites et son état serait jugé grave. Nos tentatives de confirmer ce bilan auprès de la Direction locale de la santé ont été vaines, dès lors que personne n’était au bout du fil.

Reprise des hostilités après une relative accalmie

Un citoyen du quartier arabe de Hadj Messaoud nous a confirmé, pour sa part, que les dernières violences qui ont repris après une légère accalmie ayant duré quelques jours seulement, ont eu lieu à la suite d’une marche organisée mardi soir par les habitants arabes du quartier de Mermed pour réclamer de la sécurité contre ce qu’ils qualifient d’agressions de leurs voisins mozabites. Selon notre source, des groupuscules mozabites s’en seraient alors pris aux arabes par des jets de pierres causant des blessés parmi les marcheurs. Une agression à laquelle les arabes malékites ont répliqué en incendiant une voiture appartenant à un citoyen mozabite, selon toujours cet habitant du quartier arabe de Hadj Messaoud. D’autres sources font état d’échauffourées sporadiques à Théniet El Mekhzen et à Baissa Ouaoulwen où un cimetière aurait été profané et une école coranique attaquée. Hier mercredi, la situation restait préoccupante : commerces et écoles étaient fermés. « Combien de victimes faudrait-il pour que l’Etat intervienne et ramène le calme à la région ? », s’insurge un citoyen de Ghardaïa. La ville de Ghardaïa vit depuis plusieurs semaines au rythme des violences entre arabes et mozabites, faisant au moins 4 morts (parmi les mozabites) et plusieurs blessés, tandis que des dizaines de maisons et de commerces de part et d’autre des deux communautés ont été saccagés. Le gouvernement Sellal a tenté une médiation sans pour autant parvenir à faire cesser les hostilités.