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Algérie

RedMed, le provider algérien de solutions des majors pétrolières, s’est globalisé

Par Maghreb Émergent
février 11, 2014
RedMed, le provider algérien de solutions des majors pétrolières, s’est globalisé

[caption id="attachment_935" align="alignnone" width=""]Red MedEn quinze ans, RedMed a grandi et s'est diversifié (Ph Nejma Rondeleux)[/caption]

En une quinzaine d’années, RedMed Group, fondé par la famille Fechkeur, est devenu un interlocuteur inévitable pour les prestations de services pétroliers dans le Sud Algérien, grâce à la mise en place d’un modèle de « solution logistique globale » en perpétuelle évolution.

Son nom ne dit rien qui vaille aux Algériens lambda et même à certains habitués des torchères de Hassi Messaoud. « Vous allez loger où ? », m’interroge une des passagères de l’avion à notre arrivée à l’aéroport Krim Belkacem d’Hassi Messaoud. « A la base de vie de RedMed ». Moue dubitative de mon interlocutrice suivie d’un « je ne connais pas ». L’intéressée, lunettes de soleil sur le nez et sacoche d’ordinateur à la main, travaille pourtant chez Sonatrach et se rend régulièrement à Hassi Messaoud. C’est que l’entreprise familiale RedMed – qui tire son nom des prénoms des frères jumeaux à peine quadragénaires Riad et Madjid Fechkeur, fondateurs de la société avec leur frère Nadir - est à l’image de sa pancarte indiquant l’entrée de la base de vie située à une dizaine de kilomètres de l’aéroport : discrète mais efficace.

« Quand Mohamed Fechkeur, l’actuel PDG du groupe, est venu sur ce site pour la première fois en 1996, il n’y avait qu’une dune », raconte Aïcha Saïdi, chargée de communication de RedMed Group, lors de la visite. « Il a pris le sable entre ses doigts, il a vu que la terre était fertile et il a décidé d’y installer la première base de vie de RedMed ». Dix-sept ans plus tard, il ne reste de la dune que le nom d’un des luxueux hôtels de la base. Les 45 hectares de sable sont devenus un luxurieux jardin équipé de résidences de standing, restaurants, bureaux, salles de conférence, clinique, école de formation et même d’une piscine et d’une salle de sports. D’autres bases de vies se sont construites, à Adrar il y a quatre ans et Aïn Salah il y a trois mois, le nombre de salariés a grimpé à 1.700 personnes et les activités se sont diversifiées.

Solutions globales, « de la tasse de thé au boulon de camion »

« RedMed Group c’est les bases de vie, l’hébergement sur chantier avec les camps mobiles, la logistique avec les transports lourds et légers, le génie civil et le BTP, les prestations dans l’environnement mais aussi ses sept filiales dans l’aviation, la formation et la santé». C’est ce qu’explique Badou Ba, responsable du développement commercial de RedMed, au cours d’une présentation très high-tech de la société sous forme de diaporama interactive que le jeune cadre fait défiler sur grand écran à partir de son Iphone.

« RedMed Group propose à ses clients des solutions globales intégrées (« global solutions » en anglais), de la tasse de thé au boulon pour le camion », résume Aïcha Saïdi. Résultat : toutes les majors pétrolières sont venues chez RedMed, déclare Badou Ba en citant « Total, Gazprom, Shell, Statoil, BP, Repsol, Exxon Mobil », etc. En 2013, l’entreprise a ainsi réalisé un chiffre d’affaires d’environ 100 millions de dollars, porté principalement, par ordre décroissant, par les activités base de vie, aviation et transports. Forte de cette croissance, RedMed Group s’apprête à passer du statut de SPA à celui de holding, a révélé le responsable développement commercial.

 Cap sur Adrar

 Avec une telle assise financière, les projets vont bon train. C’est le cas, en particulier, dans la branche aviation, développée dès 2001 avec la création de la compagnie de vols charter Star Aviation. « RedMed Group envisage d’ouvrir prochainement une école d’aviation avec simulateurs de vol », a annoncé Badou Ba. La filiale de la société de la famille Fechkheur - devenue 100 % algérienne depuis le rachat de la compagnie britannique Jet Air avec laquelle RedMed était en joint-venture – a, par ailleurs, inauguré en 2013 un garage de maintenance aéronautique pour sa flotte composée d’une vingtaine d’avions adaptés au milieu désertique. « Il s’agit du plus grand hangar privé de Hassi Messaoud », souligne le responsable développement commercial.

Mais c’est surtout à Adrar, « le futur Hassi Messaoud » dit-on, que la firme se déploie ces dernières années, jusqu’à devenir en 2013 l’un des plus grands contributeurs de la wilaya en terme d’impôts. « La base de vie d’Adrar construite en 2009 sur 15 hectares sur le modèle de celle de Hassi Messaoud dispose des mêmes prestations que sa sœur aînée », commente Badou Ba. « RedMed Group est ainsi la seule compagnie à Adrar à avoir une base de vie aux normes internationales pétrolières OGP (oil and gaz producer) », précise-t-il. Outre les traditionnelles activités d’hébergement et de logistique, la base de vie d’Adrar propose des prestations de chantiers, en génie civil et BTP, telles que l’ouverture de pistes, la construction de pistes d’atterrissage, la réalisation de plateformes de forage, etc. « Nous travaillons notamment avec BP et Total pour cette activité assez récente », commente le responsable développement commercial.

Touche verte deviendra tâche!

Depuis sa naissance, RedMed a développé une expertise telle dans le domaine des hydrocarbures au Sahara que l’entreprise est aussi indispensable aux multinationales qu’aux sociétés nationales. Sonelgaz a ainsi fait appel au groupe privé pour le montage des douze éoliennes de la première ferme algérienne qui a eu lieu entre juillet et novembre 2013 à Kabertène, à 75 km au nord-est d’Adrar. « C’était un énorme défi pour nous car nous n’avions jamais réalisé ce genre d’opération, comme aucune autre entreprise algérienne d’ailleurs », raconte Nabil Khedimallah, chef du parc grues et chariots élévateurs à RedMed, dont les yeux se mettent à briller à l’évocation de cette aventure à laquelle il a participé avec fierté. « C’était une première, c’était difficile, surtout sous le soleil de l’été, mais on y est arrivé »,  poursuit  le passionné et passionnant employé en nous montrant les photos de l’opération sur l’ordinateur de son bureau situé au milieu des porte engins, grues et autres camions « titans » utilisés pour le déménagement des appareils de forage.

Au-delà de l’implication dans l’énergie renouvelable qui devrait se poursuivre avec de nouvelles opérations de levage d’éoliennes prévues dans le cadre de la ferme expérimentale d’Adrar, RedMed Group accorde depuis ses débuts une attention particulière au recyclage. Toutes les bases de vie et les camps mobiles trient les déchets papiers, plastiques et organiques grâce à un dispositif d’incinérateurs mobiles et de collecte des déchets. « Nous travaillons actuellement sur un projet pilote de traitement des déchets pétroliers afin d’introduire ce nouveau système en Algérie », dévoile Badou Ba. « We believe in long term business » (Nous croyons à des investissements sur le long terme) est-il inscrit au verso des cartes de visites. La devise a porté ses fruits mais, aujourd’hui, la vision de RedMed a évolué. « We think global » (Pensons global) tel est à présent le slogan de l’entreprise. Un slogan court qui en dit long sur les ambitions de RedMed.