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Tarifs des billets d’avion : jusqu’à quand ce mépris envers les Algériens ?

Par Aboubaker Khaled
février 21, 2022
Tarifs des billets d’avion : jusqu’à quand ce mépris envers les Algériens ?

C'est le désarroi total chez les Algériens qui comptent se rendre à l'étranger ou ceux qui sont à l'étranger et qui prévoient de retourner au pays, notamment quand il s'agit d'un voyage depuis ou vers la France. La raison est l'indisponibilité des vols et les tarifs exorbitants appliqués par les compagnies aériennes, dont Air Algérie.

Cela fait neuf mois que les autorités ont autorisé la compagnie nationale Air Algérie de reprendre progressivement les dessertes, après un arrêt qui a duré 15 mois (mars 2020 à juin 2021), en raison de la pandémie de Covid-19. Mais à ce jour et malgré le feu vert du conseil scientifique, le programme des vols n'est pas encore complètement rétabli.

Ni la décrue des contaminations, ni l'ouverture des espaces dans la plus part des pays du monde n'ont pu changer les stratégies commerciales d'Air Algérie et des autres compagnies aériennes qui desservent l'Algérie. Pour un billet aller simple de Paris (France) vers Alger, le voyageur doit dépenser entre 700€ à 950€, voire 1000€ à certaines périodes. Pour un voyage aller-retour vers Istanbul, en Turquie, au mois de mars, les voyageurs algériens doivent dépenser entre 700€ à 800€.

L'ouverture et l'augmentation du nombre de vols de et vers l'Algérie se décide au niveau du gouvernement (Premier ministère, ministère de la santé et ministère des transports), mais les Algériens se demandent qui décide des tarifs appliqués par Air Algérie et les autres compagnie. Même les compagnies low-cost, censées appliquer des tarifs bas, en profitent et affichent des tarifs inimaginables que peu de citoyens peuvent supporter.

"C'est complètement ridicule" !

Le Dr Bekkat Berkani, membre du comité scientifique de suivi de la pandémie de Covid-19, dans une déclaration au média en ligne TSA, n'a pas trouver d'explication rationnelle à la limitation du nombre de vols desservant l'Algérie et même les tarifs appliqués par les compagnies aériennes. « C’est complètement ridicule. C’est une pression intenable, alors qu’il y a des rotations complètement inutiles », a-t-il fustigé.

"Il y avait un risque épidémiologique du fait du niveau très élevé de risque de contaminations dans les pays émetteurs (France métropolitaine, Europe). L’exigence d’un test PCR à l’embarquement et le test antigénique constituaient une double barrière qui était à mon sens amplement suffisante pour augmenter le nombre de rotations", a souligné Dr Bekkat.

Malgré les appels des Algériens dans les médias et sur les réseaux sociaux, les autorités restent sans réaction. Pourtant, le Premier ministre, Aïmene Benabderrahamane, avait déclaré, il y a une semaine, qu'une enquête allait être ouverte aux raisons de ces tarifs prohibitifs.

Le Dr Bekkat en outre estimé que "cette situation avec ses implications sociales risque de laisser des traces. Maintenir le niveau actuel des rotations aériennes et maritimes est de nature à nous isoler encore plus de nos concitoyens de l'étranger.