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Présidentielles 2014

Algérie – Le mouvement Barakat a manifesté de nouveau contre un 4e mandat pour Bouteflika

Par Yacine Temlali
mars 15, 2014
Algérie – Le mouvement Barakat a manifesté de nouveau contre un 4e mandat pour Bouteflika

[caption id="attachment_1553" align="alignnone" width=""]La manifestation de Barakat au centre d’Alger le 6 mars dernier.[/caption]

Le rassemblement organisé aujourd’hui au centre d’Alger par Barakat s’est déroulé sans incidents. La police s’est contenté de le quadriller et n’a pas procédé aux habituelles interpellations. Faut-il voir dans ce changement d’attitude l’effet des appels du Quai d’Orsay à respecter la liberté d’expression en Algérie ?

 Les membres du mouvement Barakat, opposé à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un 4e mandat, s’étaient donné le mot pour se rassembler aujourd’hui, dès 11 h du matin, devant l’université Alger 1, plus connue sous le nom de « Fac centrale », place Maurice Audin. Ils étaient environ une centaine auxquels se sont joints des membres des familles des disparus regroupés dès 10 heures devant la Grande Poste.

Quadrillés par les policiers déployés tôt le matin pour les « accueillir », les manifestants ont chanté l’hymne national et invité les autorités à annuler les élections présidentielles d’avril 2014 et à organiser un « dialogue national ». Ils ont scandé des slogans hostiles au régime : « la Oujda la DRS, el djazair hia el assas », (ni le clan d’Oujda ni le DRS, l’essentiel c’est l’Algérie), « On en a marre de ce pouvoir ! », « Pouvoir assassin ! » « Oulash le vote » (boycottons les élections), « Ya Saïd (frère du président de a République) ya Sellal, le système à la poubelle », « khamssine sena barakat » (50 ans, ça suffit !), « Djazair Horra dimokratia (L’Algérie libre et démocratique)...

Les manifestants portaient des pancartes sur lesquelles étaient inscrits des slogans politiques et d’autres soutenant les chaînes de télévision interdites d’activité par le pouvoir algérien. Il s’agit d’El Magharibia et d’Atlas TV, dont le directeur de l’information, Ghoul Hafnaoui, est affilié au mouvement et qui a vu ses locaux perquisitionnés et tout son matériel saisi. « Monsieur Sellal, vous dites qu’El Magharibia ne vous fait pas peur, autorisez-la alors à ouvrir un bureau à Alger ! », pouvait-on lire sur une de ces pancartes.

 

Changement d’attitude de la police ?

 

Le rassemblement, qui a duré près de deux heures, s’est déroulé sans incidents. « Nous avons montré dès le début que notre mouvement était pacifique. Nous sommes des patriotes. Nous refusons une intervention étrangère et nous ne voulons pas déstabiliser le pays. Les consignes ont été claires : il faut que le rassemblement reste pacifique », a souligné Mehdi Bsikri, journaliste à El Watan et un des fondateurs de Barakat.

Pour la première fois, la police ne s’est pas montrée aussi violente dans la gestion de ce rassemblement qu’elle l’a été lors des premiers rassemblements organisés par Barakat. Le Directeur général de la sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel avait annoncé, il y a quelques jours, un changement de tactique dans le traitement de ces manifestations. Le sociologue Abdelnasser Djabi, présent aujourd’hui devant la Faculté centrale, pense, lui, que ce changement est dû aux déclarations des officiels des pays occidentaux, notamment les Français, à travers leur ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui a exhorté le gouvernement algérien à respecter la liberté d’expression.

Cet appel a été réitéré par Romain Nadal, le porte-parole de ce même ministère, dans un point de presse tenu aujourd’hui et répercuté par le biais d’un communiqué de l’ambassade de France à Alger. « Nous souhaitons que la liberté de la presse et la liberté d’expression soient respectées en Algérie comme partout ailleurs dans le monde », a-t-il souligné.