Anadarko, Lamamara reçoit le directeur d’une entreprise qui a quasi disparu - Maghreb Emergent

Anadarko, Lamamara reçoit le directeur d’une entreprise qui a quasi disparu

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Gesticulation diplomatique ou méconnaissance des dossiers ? L’image du chef de la diplomatie algérienne avec le directeur d’une entreprise en voie de disparition a choqué. Le ministre des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, a surpris la communauté des acteurs en énergie qui suivent l’Algérie en faisant une annonce sur twitter de sa rencontre avec ce lundi avec le Directeur d’Anadarko-Algérie, Warren Murdoch. « Lamamra a en fait rencontré le directeur de la filiale Algérie d’une entreprise qui n’existe plus » s’est étonné un expert en énergie à Alger.

Cette péripétie, « frivole », est apparu de très mauvais gout aux yeux de nombreux observateurs notamment lorsque la communication officielle parle d’une rencontre qui « a permis de passer en revue les projets de cette compagnie pétrolière en Algérie et les perspectives de les consolider à l’avenir, ainsi que les moyens d’augmenter le volume de ses investissements dans le pays ». Anadarko a connu un âge d’or en faisant en 1994 sur le bloc 404 dans le bassin de Hassi Berkine ; la plus grande découverte de pétrole en Algérie depuis trente ans – sous le régime de partage de production avec Sonatrach. Elle a connu de graves difficultés les dix dernières années – notamment la perte d’un arbitrage de plus de 5 milliards de dollars – avant de céder ses actifs progressivement puis d être totalement rachetée, en 2017, par une major américaine, Occidental Petrolum.

Le nouvel propriétaire de Anadarko a du céder ses actifs africains à Total mais pas ceux qu’il détient en Algérie. Anadarko a donc disparu comme acteur pétrolier ailleurs dans le monde et demeure prisonnier en Algérie de la clause de préemption qui le maintien artificiellement sur le marché qui a fait sa fortune il y’a près de 30 ans.

« Il n’existe sérieusement aucun projet d’investissement dont l’Algérie peut discuter avec un directeur pays de Anadarco en 2021, une coquille vide aujourd’hui. Faire croire cela à l’opinion la mieux informée n’est pas sérieux, à moins que le message s’adresse aux voisins, ce qui est pire encore » a conclu cet expert.

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