Bensalah propose un deal pour faire passer l'idée d'une présidentielle - Maghreb Emergent

Bensalah propose un deal pour faire passer l’idée d’une présidentielle

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Le discours tant attendu du Chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, a pris les allures d’un deal politique adressé aux algériens, incluant pour la première fois ce qu’il appellera le « Mouvement populaire ».

Le deal de Bensalah repose sur une proposition alléchante de prime abord, la mise en place d’une structure totalement indépendante composée de personnalités non partisanes pour redéfinir dans son entièreté le processus électoral sans l’implication de l’Etat ou de l’armée, en fermant les yeux sur les revendications populaires répétées le long de quatre mois de mobilisation. Quid du départ du gouvernement ou du chef de l’Etat intérimaire, quid aussi de réformes politiques ou de l’ouverture de chantiers de discussion au sujet de la transition et quid enfin de l’ouverture de dialogue entre ce « Mouvement populaire » et les vrais détenteurs du pouvoir que sont le trio : armée, présidence, gouvernement.

Abdelkader Bensalah a renouvelé son appel pour « un dialogue national inclusif » sur la prochaine échéance présidentielle, assurant que l’Etat, y compris l’institution militaire, ne sera « pas partie prenante à ce dialogue ».

Néanmoins le chef de l’Etat par intérim reconnaîtra le succès de la révolution populaire « Voilà plusieurs mois que notre valeureux peuple a pris sur lui de forcer la marche de l’Histoire et de revendiquer haut et fort, mais de façon pacifique, un changement du mode de gouvernance et l’avènement d’une nouvelle ère fondée sur le respect des principes démocratiques, de l’État de Droit et de la Justice sociale.

Cette aspiration légitime au changement a été pleinement entendue et se trouve désormais au cœur des préoccupations des pouvoirs publics et en tête des préoccupations de l’État. »

Selon lui la réponse urgente de l’Etat a été de renouveler son encadrement et de lancer une campagne de lutte contre la corruption et la dilapidation des deniers publics.

Concernant l’avenir du processus de transition démocratique Bensalah ferme complètement le jeu en affirmant qu’il n’y aurait qu’une seule issue: celle de l’élection présidentielle.

 » Cette élection, qui sera entourée des garanties requises, reste la seule solution démocratique viable et raisonnable et ma conviction profonde est que seul un président de la République, issu d’une élection incontestable, aura, en effet, toute la confiance et la légitimité nécessaires et toutes les prérogatives requises pour concrétiser l’aspiration profonde au changement, satisfaire l’ensemble des revendications populaires légitimes et entreprendre les réformes profondes dont le pays a crucialement besoin. » dira-t-il en qualifiant cette démarche de  » rationnelle et de bon sens qui devrait emporter l’adhésion de tous nos concitoyens, dès lors qu’elle est la seule qui soit de nature à leur donner la parole pour qu’ils choisissent en toute souveraineté, liberté et transparence, la personnalité à qui ils souhaitent confier le mandat de conduire le changement et de mettre en place un nouveau système de gouvernance. « 

Bensalah insistera sur cette voie comme unique solution en qualifiant les autres solutions ou pistes de  » propositions hasardeuses, voire aventurières et de déjouer les dangers et les desseins hostiles visant à conduire le pays vers le vide constitutionnel et l’absence d’État et à l’entraîner ainsi dans la spirale de l’anarchie et la déstabilisation. « 

Mode d’emploi proposé:

Abdelkader Bensalah suggère dans son discours le recours à un « processus de dialogue qui sera lancé incessamment, sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des Personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale. Des personnalités qui émergent du fait de leur autorité morale ou de leur légitimité historique, politique ou socioprofessionnelle, les rendant éligibles à l’accomplissement de cette noble mission et qui seraient de nature à les aider à conduire et à faciliter ce dialogue. »

Pour dissiper les malentendus il ajoutera une condition qui représente, peut-être, le coeur de la proposition: « l’État dans toute ses composantes, y compris l’Institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus. Il se contentera de mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du Panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement. »

Alors que sous tous les aspects ce panel ressemble à une commission électorale, Bensalah suggère qu’elle se place au dessus de la Haute autorité indépendante pour l’organisation des élections présidentielles en établissant un lien entre les deux.

Le Chef de l’Etat par intérim laisse aussi la liberté aux membres de Panel de discuter une réforme des textes de loi ayant trait au régime électoral et même une réforme si nécessaire de la loi électorale

« L’organe ou l’autorité électorale indépendante à mettre en place, qui aura pour mandat d’organiser et de contrôler le processus électoral dans toutes ses étapes, sera au centre des discussions. Il s’agira de débattre et d’arrêter la configuration de cette entité et de fixer ses missions et attributions, son mode d’organisation et de fonctionnement ainsi que sa composante, y compris, éventuellement, les personnalités consensuelles devant la diriger. » affirme Bensalah.

Et de conclure : » L’État fera en sorte que les recommandations et les textes issus du processus de dialogue soient pris en compte.  De même qu’il fera en sorte que toutes les conditions matérielles et logistiques soient réunies pour permettre au dialogue de commencer au plutôt et de se dérouler dans un climat emprunt de calme et de sérénité.

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