Collecte de déchets de carton et recyclage: Les ambitions de Général Emballage

Collecte de déchets de carton et recyclage: Les ambitions de Général Emballage

La 6ᵉ édition du salon international de la revalorisation et récupération des déchets « REVADE 2022 », qui a ouvert ses portes au public, lundi 10 octobre à la Safex, a connu une participation importante des entreprises, dont Général Emballage, et autres organismes publics. Une manifestation destinée à valoriser auprès des jeunes l’importance d’investir et d’entreprendre dans les métiers de l’économie circulaire.

Leader du marché national de l’industrie du carton ondulé et un des principaux collecteurs des déchets de carton, Général Emballage est un habitué du salon REVAD. Sa participation à cette 6ᵉ édition a pour objectif de présenter ses services de collecte de déchets de carton et leur valorisation auprès des professionnels et du grand public.

Rencontré au stand de l’entreprise, le directeur d’unité de récupération des déchets de papier, Allal Kheir Eddine, a fait savoir, dans une déclaration à Maghreb Émergent, que la collecte de déchets carton a connu une nette évolution cette année. « Durant les neuf premiers mois de 2022, Général Emballage a pu collecter plus de 15 000 tonnes, alors que durant l’année 2021, la collecte était de 13 000 tonnes », a-t-il indiqué en estimant que « le taux de collecte du groupe représente environ 25% du volume global des déchets de carton au niveau national ».

« On estime qu’on pourra garder notre rythme de collecte jusqu’à la fin de l’année, en dépit des dysfonctionnements que connait l’activité jusque-là », espère Allal Kheir Eddine. Pourtant, selon notre interlocuteur, « l’objectif de Général Emballage n’est pas de rester dans la collecte et l’exportation des déchets de carton, mais le groupe ambitionne à mettre en place sa propre usine de recyclage et revaloriser les déchets localement ».

« Cela sera bénéfique pour tout monde, surtout aux collecteurs qui pourront vendre les déchets de carton plus cher et générer plus de gains », soutient-il.

Régulariser le secteur

La filière de recyclage et de collecte des déchets peine encore à s’imposer en Algérie. Les quelques efforts fournis par l’agence nationale des déchets (AND) et les quelques professionnels du secteur ne suffisent par pour valoriser une activité devenue, pourtant, génératrice de richesse dans beaucoup de pays dans le monde.

Le directeur d’unité de récupération des déchets de papier de Général Emballage fait état, dans ce contexte, d’une des contraintes que rencontre le groupe: la régularisation des réseaux de collecte, notamment « la facturation auprès des collecteurs ambulants ».

« La plupart d’entre eux n’ont pas de registre de commerce et d’ailleurs, il n’existe pas de code auprès du CNRC pour cette activité. On a écrit plusieurs fois aux autorités, dont le ministère du Commerce, pour légaliser cette activité, mais ça n’a rien donné pour l’instant. D’ailleurs, même les collecteurs ambulants ne le veulent pas et préfèrent travailler en noir », déplore-t-il.

Autre contrainte: la quantification des volumes de déchets qui circulent dans les centres d’enfouissement techniques ou dans les décharges. « Il n’y a pas de chiffres exacts. Sans la mise en place d’une réglementation claire, les autorités ne pourront pas connaitre les chiffres exacts de quantité de déchets récupérés et cela fausse aussi les calculs de l’Agence nationale des déchets (AND) », souligne Allal Kheir Eddine.

Concernant les ambitions du groupe, Général Emballage, qui possède déjà trois centres de collecte de déchets de carton à Alger, Oran et Sétif, compte lancer, à partir du premier semestre 2023, trois nouveaux centres de collecte à Annaba, Chlef et Constantine. « Cela lui permettra d’être proche des centres urbains et aussi minimiser les coûts de transport », assure notre interlocuteur.

Un contexte international instable

Pour le responsable de l’unité de récupération des déchets de papier à Alger, « la conjoncture internationale actuelle a beaucoup changé le fonctionnement de l’activité, surtout après le début de la guerre russo-ukrainienne en février 2022 ». « Le marché international des déchets de carton en particulier et la filière de recyclage en général ont été complètement chamboulé », observe-t-il. Selon lui, « cette crise, qui intervient tout juste après celle de la Covid-19, a fait d’abord diminuer les marges de vente de près de 100%, mais aussi baisser les volumes des commandes ».

Il précise également, qu’au niveau local, « cette tendance baissière des prix des déchets de carton dans le marché international, a eu un effet sur le rendement des collecteurs avec qui nous collaborons ». Allal évoque, à l’occasion, le risque d’une recule de l’activité des collecteurs.

Il rappelle « qu’avant la guerre en Ukraine, les prix des déchets de carton suivaient ceux du carton ondulé, mais cette année la tendance s’est inversée ». « Les prix des déchets se sont effondrés à cause de la baisse de la demande et cela est dû à l’arrêt et/ou à la baisse de production causée par la crise énergétique », explique-t-il.