Essais nucléaires français en Algérie : la carte qui "fait froid dans le dos" - Maghreb Emergent

Essais nucléaires français en Algérie : la carte qui « fait froid dans le dos »

Carte nucléraire
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 Carte nucléraire

« C’est une carte qui fait froid dans le dos ». C’est ainsi que le journal Le Parisien présente une carte de l’armée française décrivant les retombées radioactives de l’essai nucléaire français, Gerboise bleue, dans le Sahara algérien. Un impact qui va jusqu’en Centrafrique au sud et à la rive nord de la méditerranée.

 

Le 13 février 1960, à Reggane, l’armée française effectue son premier essai nucléaire à Reggane. Il s’agit, pour rappel, d’un tir aérien d’une puissance quatre fois plus grande que celle d’Hiroshima. Gerboise Bleue sera suivie par trois autres essais nucléaires atmosphériques baptisés « « Gerboise blanche », « rouge » et « verte ». Des révélations sont venues par la suite faire état d’une clause secrète dans les accords d’Evian qui permettront aux français de poursuivre les essais nucléaires jusqu’en 1967. Les essais nucléaires français se déplaceront du coté de Tamanrasset où 14 autres essais souterrains seront effectués. De nombreux témoignages ont déjà montré que les responsables français étaient peu soucieux de protéger les populations et même les soldats français des expositions aux radiations. L’armée française n’a pas non plus procédé à la décontamination des lieux. Certaines estimations parlent d’au moins 30 000 personnes qui auraient été exposées dans le Sahara, une réalité que l’armée française n’a jamais reconnue.  Le document révélé par le Parisien montre que les essais nucléaires français ont eu un impact sur une vaste étendue au sud et au nord de l’Algérie.

Tena Fila

Des normes de sécurité largement dépassées

 La carte qui a été déclassifiée en avril 2013 dans le cadre des procédures judiciaires déclenchées par des victimes des essais montre qu’il n’y a pas que l’Algérie qui a été affectée par ces essaies. C’est toute l’Afrique de l’Ouest et le sud de l’Europe qui ont été touchées. Les retombées radioactives se sont étendues à toute l’Afrique de l’Ouest, au sud-est jusqu’à la Centrafrique, ainsi qu’au nord, sur la côte espagnole et la Sicile. Les « militaires reconnaissent qu’à certains endroits les normes de sécurité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l’eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne de N’Djamena », écrit Le Parisien. Le journal cite un spécialiste des essais nucléaires, Bruno Barrillot, qui décrypte la carte de l’armée française : « La carte du zonage des retombées montre que certains radioéléments éjectés par les explosions aériennes, tel l’iode 131 ou le césium 137, ont pu être inhalés par les populations malgré leur dilution dans l’atmosphère », affirme Bruno Barillot, un spécialiste des essais nucléaires cité par Le Parisien. Or, selon cet expert, « personne n’ignore aujourd’hui que ces éléments radioactifs sont à l’origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires ». La carte classe « secret défense » a été déclassifiée grâce à la bataille engagée par l’AVEN (Association des Vétérans des Essais nucléaires) créée en 2001.

 

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