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Algérie

L’Algérie veut « booster » les entreprises de réalisation de logements et réduire la part des étrangers

Par Maghreb Émergent
février 9, 2014
L’Algérie veut « booster » les entreprises de réalisation de logements et réduire la part des étrangers

[caption id="attachment_905" align="alignnone" width=""]Le gouvernement veut plus de participation des entreprises algériennes dans la construction de logements (DR)[/caption]

Le ministère de l’Habitat et de l’urbanisme compte prendre des mesures pour booster la participation des entreprises algériennes dans la réalisation des différents programmes publics de logements.

La capacité nationale de réalisation des logements est de seulement 80.000 unités /an, pour des besoins exprimés de 250.000 logements/an, a révélé ce matin sur la radio nationale, le ministre de l’Habitat et de l‘urbanisme, Abdelmadhjid Tebboune. Ce dernier a déclaré que la part des entreprises publiques n’est que de 5% alors et 32% est accaparé par les opérateurs étrangers. Le secteur privé reste dominant avec 63% de part de marché mais le gouvernement veut réduire davantage le recours aux entreprises étrangères. Pour cela, Tebboune annonce que son département travaille sur une short-liste de grandes entreprises et de PME publiques et privées ayant réalisé un minimum de 400 logements/an pour les « booster en moyens matériels et humains ».
Selon le ministre, seules 25 entreprises à l’échelle nationale ont été classées dans les catégories de 7 à 9 tandis pour leur capacité à réaliser le plus grand nombre de logements. Le reste est constitué de petites PME, qui ont besoin d’une aide de l’Etat pour augmenter leur taille critique et leur permettre de réaliser des logements en plus grand nombre et rapidement. « Le cahier des charges est en préparation, et d’ici une quinzaine de jours, à la fin du mois en cours au plus tard, cette short List sera élaborée ».
Le logement social appelé à diminuer
C’est le cas de la SGP Injab avec ces 27 sociétés opérationnelles sur le terrain, mais qui n’a réalisé que 3000 logements, souligne le ministre. D’où la décision prise par son département, avec l’aval du Premier ministre, de redéployer cette entreprise en 5 filiales indépendantes. « Je pense qu’en boostant ces entreprises, on pourra faire aboutir les capacités nationales à 120.000 logements/an, », a-t-il ajouté.
A propos du logement social, Tebboune a indiqué que ce type de logement ne disparaitra pas tant que la catégorie des citoyens déshérités existera. Mais il est appelé à diminuer dès lors que les salaires ont connu des hausses substantielles ces dernières années. L’Algérie a réalisé, y compris avec l’apport des entreprises étrangères, entre 120.000 et 150.000 logements de type social, selon M. Tebboune. A la fin du plan quinquennal (2010/2014), les prévisions du département de l’Habitat tablent sur 1,5 million de logements sociaux.
Les bénéficiaires du LPP paieront la moitié du premier apport
S’agissant de la formule LPP (Logement promotionnel public) qui s’adresse à une tranche de revenus qui ne sont pas éligibles à l’AADL, Tebboune observe que la demande sur ce segment est inférieure à celle portant sur AADL du fait que cette formule concerne la catégorie des salaires supérieurs. « Nous en sommes à 46.500 dossiers déposés dont 5.000 ont été transférés de l’AADL (citoyens inscrits en 2001/2002 et dont les salaires ont évolué depuis les rendant inéligibles à la formule AADL, Ndlr) », a-t-il déclaré. Le nombre de dossiers acceptés avoisine les 33.000 dont près de 17.000 pour Alger. Environ 8000 dossiers ont été rejetés. Tebboune assure que l’opération commence à prendre forme. A une question sur le montant de la première tranche de 1 million dinar jugée trop élevée par les bénéficiaires, Abdelmadjid Tebboune s’est voulu rassurant : « Je pense que l’ENPI va réduire de moitié le premier apport et la décision finale sera prise à la fin de cette semaine, » a-t-il dit.