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Maroc

Le Maroc compte sur le boom de son industrie automobile pour attirer de nouveaux constructeurs

Par Maghreb Émergent
février 25, 2014
Le Maroc compte sur le boom de son industrie automobile pour attirer de nouveaux constructeurs

[caption id="attachment_885" align="alignnone" width=""]Le Maroc est le premier constructeur automobile en Afrique du Nord et le second dans tout le continent (DR)[/caption]

L’industrie automobile marocaine, à l’instar du secteur des composants aéronautiques, a enregistré une importante croissance au cours des dix dernières années : le pays compte désormais des centaines d’entreprises de fabrication d’où sort une large gamme de produits allant de la berline familiale au câblage d’avion.

 

Les pouvoirs publics cherchent à attirer davantage de constructeurs automobiles dans le royaume, mettant notamment en avant l’existence d’un cadre fiscal incitatif et une importante main d’œuvre à faible coût, ainsi que la présence d’un solide réseau de fournisseurs de pièces détachées et de sous-traitants.
Selon les chiffres publiés par l’Organisation Internationale des Constructeurs Automobiles, en 2012 le Maroc a produit 108 743 véhicules au total, soit une hausse de 83% par rapport à l’année précédente. Le royaume se positionne ainsi comme le premier constructeur automobile d’Afrique du Nord (titre détenu en 2011 par l’Égypte), et le deuxième d’Afrique, derrière l’Afrique du Sud. La valeur des exportations de l’industrie automobile a progressé de 17,5% en glissement annuel sur les neuf premiers mois de l’année 2013 et les ventes de véhicules affichent une hausse de 58,3%, s’établissant à 8 milliards de dirhams (963 millions d’euros), selon l’Office des Changes.
La production et les exportations devraient poursuivre leur ascension de manière encore plus fulgurante grâce au récent lancement d’une nouvelle ligne de production par Renault, actionnaire majoritaire des deux principales usines de montage automobile : la Société Marocaine de Constructions Automobiles (SOMACA), près de Casablanca, que le groupe français détient à 80%, et une usine à Melloussa dans la zone franche Tanger Free Zone, détenue par Renault à hauteur de 52,4% et par la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), une institution financière publique, à hauteur de 47,6%.
Développer les sites existants
Le site de Melloussa, où sont fabriquées des voitures Dacia, la marque de véhicules à bas coûts de Renault, a été le théâtre d’une expansion majeure en octobre dernier, avec le lancement d’une seconde ligne qui multiplie la capacité de l’usine par deux, soit 340 000 unités, et fait de celle-ci la plus grande usine automobile d’Afrique. L’établissement de cette seconde ligne a coûté environ 400 millions d’euros, ce qui porte l’investissement total reçu par le site de Melloussa à près de 1,1 milliard d’euros. À terme, Renault et la CDG espèrent une capacité de 400 000 unités.
Grâce à de telles expansions, le Maroc est en train de se hisser parmi les plus grands constructeurs automobiles. Un récent rapport de PricewaterhouseCoopers prévoyait que le Maroc se classerait au 19ème rang mondial des assembleurs de véhicules d’ici 2017. Outre la création d’emplois pour la population locale, Melloussa est également synonyme d’essor pour les exportations marocaines, dans la mesure où le gros de la production de l’usine est destiné au marché étranger. Renault estime qu’à terme, la production à plein rendement du site pourrait représenter 10% des exportations totales du Maroc en valeur – même si certains composants utilisés sur le site pour la production de véhicules sont importés, ce qui atténuera en partie l’impact de l’usine sur la balance commerciale.
Attirer de nouveaux constructeurs
À l’heure actuelle, seuls les véhicules des marques de Renault sont « entièrement fabriqués » au Maroc, mais le Ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, a déclaré en juin dernier que l’État comptait sur l’installation d’un autre grand nom de l’industrie automobile au Maroc d’ici moins de trois ans. Le royaume offre de nombreux avantages aux constructeurs automobiles qui décident de s’y implanter, notamment un coût du travail extrêmement concurrentiel – les salaires à Melloussa sont deux fois plus bas que ceux pratiqués à l’usine Renault de Pitesti en Roumanie – et l’association d’un emplacement géographique stratégique et de bonnes infrastructures de transport qui permettent d’exporter facilement vers l’Europe de l’Ouest, la région méditerranéenne et l’Afrique sub-saharienne, un marché en plein essor.
Les autorités offrent également des conditions attrayantes aux investisseurs. Outre des dispositifs fiscaux incitatifs proposés aux entreprises dans les zones franches, l’État a fourni gratuitement le terrain où a été construite l’usine de Melloussa et a financé un institut de formation connexe, acquérant également une large participation minoritaire dans l’usine. De plus, les constructeurs automobiles qui suivront l’exemple de Renault pourront profiter du vivier d’ouvriers qualifiés qui s’est créé, ainsi que d’un réseau de près de 30 sous-traitants et fournisseurs, qui devrait encore s’étoffer dans le cadre de la stratégie gouvernementale pour le secteur.
Au cours de l’année 2013, les médias locaux ont suggéré à plusieurs reprises que d’autres grands constructeurs automobiles d’Inde et du Japon envisageaient d’installer des unités de production au Maroc, mais les groupes en question ne se sont pas encore engagés fermement.
Dans l’immédiat, il semble que l’objectif principal du gouvernement soit d’approfondir encore davantage le réseau local des fournisseurs automobiles, afin d’attirer, à moyen terme, de nouveaux grands constructeurs dans le royaume.