Législatives : "On doit investir les institutions pour concrétiser les revendications du Hirak" (Ilham Djorane, candidate Jil Jadid Tipasa) - Maghreb Emergent

Législatives : « On doit investir les institutions pour concrétiser les revendications du Hirak » (Ilham Djorane, candidate Jil Jadid Tipasa)

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Propos recueillis par Kheireddine Batache

Munie de son sac-à-dos et d’une pile d’affiches et autres professions de foi, Ilham Djorane, candidate du parti Jil Jadid aux prochaines élections législatives dans la wilaya de Tipasa, sillonne depuis le début de la campagne villes, douars et quartiers, à la recherche du moindre citoyen désireux d’écouter ses arguments politiques !

Une stratégie « de proximité » en guise de tactique électorale, censée l’aider à se démarquer des autres prétendants à un siège au sein de la future représentation nationale. Entretien Exclusif !

Pouvez-vous vous présenter succinctement ?

Je m’appelle Ilham Djorane-Khellaf. J’ai 36 ans et je suis mariée, mère d’un enfant. Je suis psychologue clinicienne et membre du conseil national et du conseil scientifique de Jil Jadid, chargée de la communication et candidate aux prochaines élections législatives avec le parti Jil Jadid Tipasa.

Vous avez décidé de vous présenter aux prochaines élections législatives dans la wilaya de Tipasa. Pouvez-vous nous expliquer les raisons qui vous ont poussée à le faire ?

Comme beaucoup de jeunes algériens sortis dans la rue exprimer un ras-le-bol social et politique, le temps passe et une conviction s’installe, celle de devoir investir les institutions pour concrétiser les revendications du Hirak  et contribuer à la structuration d’un état de droit. Dans le cadre de cette vision, Jil Jadid de par son projet politique se distingue nettement des autres, préférant la rationalité dans son opposition à l’ancien système avec une démarche loin de tout esprit démagogique.

Notre démarche dans cette campagne est celle de la proximité avec le citoyen lambda loin des meetings des salles fermées, qui nous renvoient dans notre mémoire collective aux pratiques de l’ancien système.

Pouvez-vous nous résumer votre programme en quelques points ?

Notre programme politique est  conçu sur la base d’une ambition : celle de développer notre pays. Il est  le fruit des efforts de notre conseil scientifique, qui a élaboré un projet de société duquel émane une projection réaliste et audacieuse quant aux attentes de la société algérienne. Le programme ne peut être résumé, j’en citerai les grandes lignes à titre d’exemple :

–          Le rétablissement de la confiance : morale publique et lutte contre la corruption.

–          La reforme profonde du système judiciaire en assurant l’autonomie de ce dernier.

–          Revoir le système d’incarcération des prisonniers ( réinsertion positive).

–          Revoir le système indemnitaire des retraites.

–          Adopter une politique urbaine moderne.

–          Libérer la télévision et la radio avec un service publique puissant  de qualité non instrumentalisé par le pouvoir politique.

–          Munir l’ensemble de la population d’une couverture médicale et la diffusion de la carte « CHIFFA » chez les non cotisants ( veuves, chaumeurs..)  et remboursement des outils d’aide aux handicapés.

–          Optimiser la politique de greffe d’organe.

–          Mettre la fiscalité au service de la production pour un investissement productif.

–          Faire aimer l’école à l’enfant à travers un contenu adéquat  et une reforme pertinente.

Ce sont là quelques axes phares de notre projet politique qui est disponible sur notre site et distribué en version papier aux citoyens (nous sommes fiers d’être le seul parti à présenter son programme politique aux citoyens).

Cette campagne, on se doit de le dire, est ternie par un caractère de « folklore » dont certains candidats en sont les garants

Le scénario d’un boycott massif des élections dans une wilaya habituée à déserter les urnes vous fait-il peur ?

Notre démarche dans cette campagne est celle de la proximité avec le citoyen lambda loin des meetings des salles fermées, qui nous renvoient dans notre mémoire collective aux pratiques de l’ancien système. En sillonnant les communes et les quartiers de la wilaya de Tipasa, les citoyens distinguent notre discours, que nous jugeons rationnel et loin de la démagogie, car nous engageons des débats autour de l’actualité. Le scenario d’un boycott massif à ce stade de la campagne n’est pas envisageable dans notre wilaya, qui compte habituellement un électorat assez important comparé aux nombres d’habitants.

L’on constate une profusion de listes de candidats indépendants dans la wilaya de Tipasa, suite à l’appel des pouvoirs publics à dépasser la logique des partis. Que pensez-vous de cette stratégie ?

Cette campagne, on se doit de le dire, est ternie par un caractère de « folklore » dont certains candidats en sont les garants, et d’un certain discours populiste, à défaut de projets concrets, qui inhibent le bon sens du citoyen. Certes le nombre des candidats à Tipasa est anormalement élevé, mais nous comptons sur les citoyens conscients de l’enjeu politique pour faire le bon choix.

Pourquoi Jil Jadid ? 

Jil Jadid porte à travers ses militants un engagement, celui  de construire un état de droit. Lors de ma première visite au siège de Jil Jadid, c’est Monsieur Sofiane Djilali qui m’a ouvert la porte avec un large sourire. Première réunion, premier débat…Le choix est vite fait ! Celui de militer au sein du parti qui offre des formations à la citoyenneté et à la vie politique de ses militants et qui ne considère pas la femme comme un « quota » à gagner, mais plutôt comme un partenaire à part entière dans la vie politique.

Que répondez-vous aux nombreux citoyens celles qui estiment que changement ne passera pas par les urnes ? 

La rupture avec l’ancien système nous entraine inévitablement dans  une nouvelle étape. Le Hirak nous a fait prendre conscience que le renouvèlement des instances de l’état offre une sortie de la crise que connait le pays actuellement, à nos yeux.

Aussi divergentes que peuvent être les positions politiques, nous ne pouvons pas aujourd’hui nous mettre au travers d’un processus de changement qui est en cours. La révision de la loi électorale offre aujourd’hui des garanties quant au bon déroulement des élections. L’assemblée nationale de par son pouvoir législatif a engendré un code de la famille qui n’est pas en faveur de la femme, une loi de finance qui entrave les investissements, etc…Nous voulons constituer une assemblée fiable et intègre et ça ne pourra se faire qu’a travers des élections. 

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