Les explications sur la pénurie de lait convainquent peu les consommateurs, Alger risque la rupture totale

Les explications sur la pénurie de lait convainquent peu les consommateurs, Alger risque la rupture totale

 

La polémique autour de la pénurie du lait en sachet continue de rythmer l’actualité. Alors que les pouvoirs publics assurent que la poudre de lait existe et en quantité suffisante, les représentants des consommateurs pointent un détournement de la poudre destinée à la production du lait en sachet à des fins de production de dérivés de lait, tels que les yaourts et les fromages.

 

Le marché de lait en sachet subventionné par l’Etat est sous tension.  Et les déclarations faites à ce sujet ne sont guère rassurantes. « Il n’y a pas d’insuffisance en matière de stock de poudre de lait, l’Office national interprofessionnel du lait (Onil) disposant de stocks importants de cette matière première », a martelé, mardi soir, Abdelaziz Ait Abderrahmane, Invité de l’émission « Questions d’économie » de la radio Chaîne III. Pour le représentant du ministère du commerce, la tension sur le lait en sachet, qu’il circonscrit à la capitale, s’explique par « le relèvement du prix du lait vendu en poudre et en tétra Pak, ce qui a poussé, selon lui, les consommateurs de ces produits à se rabattre sur le lait en sachet subventionné ».

De son côté, Hassan Menouer, chargé de la communication à la Fédération algérienne de défense des consommateurs, ne s’explique pas cette tension sur le lait en sachet, d’autant plus, assure-t-il, qu’ « aucune des 136 usines de production de lait et dérivés recensées dans le pays n’est à l’arrêt ». Pour Mustapha Zebdi, président de l’association de protection des consommateurs de la wilaya d’Alger, la poudre destinée à la production du lait en sachet, subventionnée par l’Etat, est détournée à des fins de production de dérivés de lait, tels que les yaourts et les fromages.  

Les Algériens sont de gros consommateurs de lait. De 2005 à 2013, la consommation moyenne de lait en Algérie a doublé, passant de 100 à 200 litres par habitant, d’après Hassan Menouer. L’Etat, pour satisfaire cette demande, recourt à l’importation. Ainsi, la facture de lait qui était de 24,5 milliards de dinars en 2011, est passée à 26 milliards de dinars en 2012 et a atteint 30 milliards de dinars en 2013, affirme Abdelaziz Ait Abderrahmane.

Menace de grève à Colaital -Birkhadem : spectre de pénurie de lait à Alger

Etant la plus touchée par la rareté du lait en sachet, la capitale risque de connaitre dans les prochains jours une rupture totale en lait, après la menace de grève brandie par les travailleurs de la laiterie Colaital de Birkhadem. Cette dernière assure 60% des besoins des consommateurs algérois. La section UGTA de l’usine une filière du Groupe Giplait,  a déposé mercredi  un préavis de grève, menaçant de recourir au débrayage dès mercredi prochain. Dans un communiqué, la section UGTA exprime des revendications liées aux primes de rendement et aux modalités de promotion. «Les réunions du syndicat avec les directions de Colaital, de Giplait ou du ministère de l’Agriculture pour prendre en charge les préoccupations exprimées par les travailleurs n’ont été suivies d’aucune mesure concrète», déplore le syndicat qui dénonce le refus de dialogue manifesté par la direction.

Selon un représentant syndical, un conseil national du syndicat UGTA du groupe Giplait se réunira au cours de la semaine prochaine. «Toutes les filiales du groupe risquent d’être paralysées, si le conseil national adopte le mot d’ordre pour une grève. La situation est intenable dans toutes les filiales. Les travailleurs réclament une amélioration des conditions de travail, mais aussi un redressement des outils de travail. Il n’y a pas longtemps, nos unités produisaient des yaourts, des fromages et autres dérivés de lait, mais aujourd’hui, elles sont à peine capables de couvrir les besoins en lait en sachet», affirme Ali Khelili, secrétaire général du syndicat.

Dans une conférence animée mercredi à Alger par l’UGCAA, le représentant des distributeurs de lait de la wilaya d’Alger, Farid Oulmi, a estimé que la pénurie de lait constatée au niveau de la capitale est due principalement à la baisse de la production au niveau de la laiterie de Birkhadem, suite à un conflit social Syndicat UGTA-Direction. Selon lui, la capacité théorique de l’usine est entre 400.000 et 450.000 litres/jour, une production assurée par trois brigades travaillent en 24/24h. « Théoriquement, car on ne voit pas cette quantité sur le terrain », regrette Oulmi. L’UGCAA demande à porter la production à 600.000 L/J. Pour Salah Souilah, SG de l’UGCAA, le problème ne concerne pas la poudre de lait qui reste « disponible ».

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