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Présidentielle-Mauritanie : Ould Abdel Aziz grand favori en l’absence de ses principaux opposants

Par Maghreb Émergent
juin 21, 2014
Présidentielle-Mauritanie : Ould Abdel Aziz grand favori en l’absence de ses principaux opposants

[caption id="attachment_3278" align="alignnone" width=""]Mauritanie PrésidentielleL'opposition mise sur un fort taux d'abstention (dr.)[/caption]

 

Les Mauritaniens sont appelés aux urnes ce samedi pour élire le président de la République. Cinq candidats se présentent à cette élection, dont une seule femme, Lalla Mariem Mint Moulaye Idriss, 57 ans. Le chef de l'Etat sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz est le grand favori en l'absence de ses principaux opposants.

 

Les Mauritaniens votent samedi à une présidentielle pour laquelle le chef de l'Etat sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en août 2008, un ex-général de 57 ans, part grand favori en l'absence de ses principaux opposants qui ont appelé à un boycottage. Plus de 1,3 million d'inscrits sont appelés aux urnes à l'issue d'une campagne de deux semaines sans grand relief, dominée par le candidat-président Abdel Aziz dont les immenses affiches écrasaient celles, petites et rares, de ses quatre adversaires. Parmi eux, une femme de 57 ans, Lalla Mariem Mint Moulaye Idriss, et Biram Ould Dah Ould Abeid, un militant réputé de la lutte contre l'esclavage, pratique qui, bien qu'abolie légalement en 1981, perdure en Mauritanie. Les deux autres candidats sont Ibrahima Moctar Sarr et Boidiel Ould Houmeid, du parti El-Wiam, formation de l'opposition dite "modérée".

Les principaux opposants du président, rassemblés au sein du Forum national pour la démocratie et l'unité (FNDU, opposition radicale), dénoncent le caractère "dictatorial " de son régime et ont appelé à boycotter le scrutin, "une mascarade électorale" organisée de manière "unilatérale". Le FNDU mise sur un fort taux d'abstention, qui serait, selon lui, le signe que son appel a été suivi et un désaveu du président sortant.

Lalla Mariem Mint Moulaye Idriss

Seule femme parmi cinq candidats à la présidentielle de samedi en Mauritanie, Lalla Mariem Mint Moulaye Idriss, 57 ans, veut renforcer la place des femmes dans cette République islamique où, dit-elle, elles ne comptent pas assez. "Il n'y a pas suffisamment de femmes dans la vie politique mauritanienne, elles sont absentes partout" des sphères politiques et économiques du pays, affirme Mme Mint Moulaye Idriss à l'AFP. Pourtant, note cette petite femme à la peau claire, au visage avenant entouré d'un léger voile de couleur rose, "les Mauritaniennes sont braves" et ce sont "toujours elles qui ont mené les campagnes" électorales des hommes. Des progrès ont récemment été enregistrés vers la parité hommes/femmes, notamment à l'Assemblée nationale où 20% des sièges ont été réservées aux femmes aux dernières élections législatives de novembre et décembre 2013.

Avec peu de moyens, Mme Mint Moulaye Idriss, mariée et mère de quatre enfants - tous des garçons - a choisi de mener une "campagne de proximité" dans les quartiers populaires et les bidonvilles de Nouakchott et Nouadhibou (nord-ouest), les deux plus grandes villes de Mauritanie, situées sur la côte Atlantique. Le slogan de la candidate est : "Votez Mariem Mint Moulaye Idriss pour une justice sociale".

Le bilan de Mohamed Ould Abdel Aziz

Lors de sa campagne électorale, le chef de l'Etat sortant, président en exercice de l'Union africaine jusqu'en 2015, a mis en avant la lutte anti-terroriste menée contre le groupe islamiste armé Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui, à son arrivée au pouvoir, était très actif en Mauritanie et y commettait attentats et enlèvements. Un résultat obtenu grâce, selon lui, à "la réorganisation des capacités de l'armée et des forces de sécurité", avec l'assistance technique de la France, ex-puissance coloniale. Par ailleurs, la Mauritanie de Ould Abdel Aziz reste très impliqué dans la résolution du conflit au Mali, où il a réussi le 23 mai à arracher un cessez-le-feu entre des groupes rebelles et l'armée après une brusque reprise des hostilités à Kidal, dans l'extrême nord-est du Mali. Mais, a-t-il affirmé, "l'action que nous avons eu à mener récemment au Mali est une action ponctuelle qui a visé à obtenir un cessez-le-feu, ce n'est pas un règlement définitif du problème, je n'ai jamais eu la prétention d'être le médiateur dans ce conflit".

Dans le domaine économique, la Mauritanie, vaste pays désertique de 3,8 millions d'habitants bordant l'océan Atlantique, riche en minerai de fer, aux eaux poissonneuses et qui exploite du pétrole depuis 2006, a enregistré en 2013 un taux de croissance de 6%. Le président Abdel Aziz se targue en outre d'avoir fait baisser le taux d'inflation à moins de 5% et d'avoir mené une politique d'aide aux plus pauvres. La présidentielle est surveillée par 700 observateurs, dont 200 venus de l'étranger. Ceux de l'Union africaine sont dirigés par l'ancien ministre tunisien Béji Caïd Essebsi. Quelque 18.000 militaires, policiers et gendarmes, ont voté vendredi nombreux et dans le calme, un jour avant les autres électeurs.