Recrutements massifs dans le secteur public à l’approche de l’élection présidentielle en Algérie - Maghreb Emergent

Recrutements massifs dans le secteur public à l’approche de l’élection présidentielle en Algérie

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Le gouvernement algérien a mis la pression sur les entreprises et l’administration. Objectif : recruter 140.000 jeunes d’ici la mi-mars, un mois avant l’élection présidentielle du 17 avril.

 

Les entreprises publiques algériennes et la fonction publique ont reçu des instructions pour recruter massivement les jeunes diplômés, afin de stabiliser le front social à l’approche de l’élection présidentielle du 17 avril 2014. Une circulaire du premier ministre Abdelmalek Sellal, adressée à ces deux secteurs, avec « effet immédiat », vise à embaucher près de 140.000 personnes avant le 10 mars prochain, selon M. Tayeb Bouyacoub, directeur à la fonction publique.

La circulaire comporte une série de directives en vue de faciliter le recrutement. Elle vise notamment à simplifier les procédures et à alléger les dossiers, pour procéder rapidement aux recrutements souhaités, en procédant à l’organisation de concours quand la réglementation l’exige. M. Bouyacoub réfute toutefois les critiques selon lesquelles ces recrutements feraient partie d’une campagne électorale du président Abdelaziz Bouteflika, qui briguerait un quatrième mandat. Malgré son état de santé, le chef de l’Etat aurait en effet procédé au retrait des formulaires pour collecter les signatures nécessaires devant accompagner sa candidature, selon la presse. « Il n’y a pas de rapport entre ces recrutements » et la conjoncture politique, a prudemment déclaré M. Bouyacoub, qui a toutefois reconnu le caractère « exceptionnel » de ces recrutements.
Procédures allégées
La circulaire de M. Sellal évoque des postes libres au sein de la fonction publique et des entreprises. Il s’agit en fait de mises à la retraite obligatoire de fonctionnaires et employés ayant atteint soixante ans, qui doivent être remplacés dans l’urgence. Leurs postes seront occupés, « avec effet immédiat », par ceux qui avaient été placés sur des « listes d’attente », après avoir passé des concours en 2013. Une priorité sera accordée aux agents déjà en poste dans le cadre d’emplois aidés créés en application de différents programmes d’insertion. Si des postes sont disponibles en nombre limité, des concours internes peuvent être organisés au profit des seuls agents déjà en place, dans le cadre de programme de pré-emploi, selon M. Bouyacoub. La direction générale de la fonction publique est sommée de se prononcer sur la conformité du concours en moins d’une semaine, et le dossier des postulants est limité au strict minimum. L’étude des dossiers est elle aussi limitée à un maximum de cinq jours.
Efficacité limitée
Parallèlement à ces mesures, M. Bouyacoub a indiqué que tous les dispositifs mis en place dans le cadre des emplois aidés seront maintenus, une mesure destinée à rassurer des centaines de milliers de jeunes en situation précaire. Des chiffres contradictoires sont publiés quant à l’impact de ces dispositifs d’aide à l’emploi, qui varieraient de 400.000 à près d’un million d’emplois. Ils se concentrent toutefois essentiellement dans la fonction publique et dans les entreprises d’état. Leur efficacité économique est mise en doute par les économistes indépendants, qui leur reprochent de servir à maquiller les chiffres du chômage.
Le taux de chômage est tombé sous la barre des dix pour cent en Algérie. Le FMI a reconnu ces progrès, mais les économistes indépendants y ont mis un bémol, en relevant que les critères servant à calculer ce taux prêtent à confusion. Le secteur d’état recrute « sur injonction et non pour répondre à un besoin de fonctionnement », note un économiste. En outre, les femmes au foyer ne sont pas comptabilisées parmi les demandeurs d’emploi, ce qui fausse le taux d’occupation chez les femmes.

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