Réformes économiques : le FMI recommande à l'Algérie un "ajustement budgétaire général" - Maghreb Emergent

Réformes économiques : le FMI recommande à l’Algérie un « ajustement budgétaire général »

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Le Fond monétaire international (FMI) a rendu public les résultats de la mission de consultation conduite sur l’Algérie, qui s’est tenue en ligne du 14 septembre au 03 octobre, en concluant que l’Algérie a besoin d’un « ajustement budgétaire général, qui donne en même temps la priorité aux mesures de protection des plus vulnérables ».

En effet, selon le rapport de la mission de consultations du FMI, publié le 4 octobre dernier, le FMI a conclu qu’Il est urgent de recalibrer la politique économique de l’Algérie, « pour corriger les déséquilibres macroéconomiques tout en protégeant et renforçant le soutien aux tranches les plus vulnérables de la population » durement touchée par les répercussions de la pandémie de la COVID-19″.

Pourtant, les autorités algériennes ont présenté une série de mesures, sous forme d’un « plan d’action » adopté par l’APN, pour relancer la croissance et booster la production hors hydrocarbure ont du être confronté à une baisse sensible des réserves de change du pays. un plan basé sur un ensemble d’engagement de Abdelmadjid Tebboune et qui vise à « relancer et renouveler l’économie, dans le cadre d’une approche basée sur l’encouragement de l’investissement productif et la diversification des ressources financières du pays ».

En revanche, le FMI quant à lui estime que « la transition de l’Algérie vers un nouveau modèle de croissance requiert la mise en œuvre d’un vaste ensemble de réformes structurelles, dont des mesures visant à améliorer la gouvernance économique et à favoriser l’émergence d’un secteur privé dynamique et la création d’emplois ».

Une économie toujours vulnérable

La mission du FMI a relevé que les mesures entreprises par l’Algérie « ont permis de protéger l’économie, mais la pandémie a encore mis en évidence les facteurs de vulnérabilité de l’économie algérienne ». Cette vulnérabilité, est due selon le FMI, aux « déséquilibres macroéconomiques de longue date, les décideurs disposent d’une marge de manœuvre considérablement réduite.

La politique budgétaire expansionniste menée depuis plusieurs années a contribué à porter les déficits extérieurs courants à des niveaux élevés, malgré une politique de compression des importations, et a entraîné de vastes besoins de financement qui ont été, dans une large mesure, satisfaits à travers la banque centrale. Les déficits budgétaire et extérieur se sont encore creusés en 2020, alors que les réserves internationales, qui demeurent à un niveau adéquat, ont baissé de 62,8 milliards de dollars en 2019 à 48,2 milliards de dollars à la fin de 2020″.

De l’avis de l’équipe de la mission, la persistance de déficits budgétaires élevés à moyen terme engendrerait des besoins de financement sans précédent, épuiseraient les réserves de change, et présenterait des risques pour l’inflation, la stabilité financière et le bilan de la banque centrale. Globalement, la capacité des banques à prêter au reste de l’économie serait fortement entravée, ce qui aurait des conséquences négatives pour la croissance.

Quelles recommandations ?

Pour s’en sortir et rééquilibrer une économie déjà en difficulté depuis des années, la mission du FMI et les autorités algériennes sont d’avis que « la transition de l’Algérie vers un nouveau modèle de croissance passe également par la mise en œuvre de réformes fondamentales visant à renforcer la transparence et la gouvernance des institutions juridiques, budgétaires et monétaires dans l’ensemble du secteur public et à réduire les obstacles à l’entrée dans l’économie formelle. L’application de la loi organique relative aux lois de finances constitue une étape importante dans l’amélioration de la gouvernance budgétaire ».

En revanche, le FMI a salué « les efforts des autorités pour réduire les restrictions à l’investissement direct étranger et leurs plans de modernisation du cadre juridique de l’investissement et de la concurrence, ce qui contribuerait à diversifier l’économie et réduire sa dépendance aux hydrocarbures et à favoriser l’investissement du secteur privé et la création d’emplois. La mission salue également les annonces récentes concernant des plans de réduction des charges administratives et les réformes à venir pour réduire la vulnérabilité à la corruption ».

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