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Hydrocarbures

Tensions au Sud et débat sur le gaz de schiste en Algérie : éviter la pollution du paysage médiatique (opinion)

Par Yazid Ferhat
janvier 17, 2015
Tensions au Sud  et débat sur  le gaz de schiste en Algérie : éviter la pollution  du paysage médiatique (opinion)

La question centrale est la suivante : avec la chute du cours des hydrocarbures qui représentent 98% des exportations  en devises, 70% du pouvoir d’achat des algériens et de la dépense publique permettant  la compression artificielle du taux d’inflation et du taux de chômage  comment réaliser une  réelle transition économique hors rente en Algérie intiment liée aux facteurs politiques.

 

 1.-La situation de tensions  au Sud de l’Algérie, combinée avec la chute du cours des hydrocarbures est d’une extrême gravité qui menace l’unité et la cohésion  nationale. Cela implique de revoir les choix   par une nouvelle gouvernance  et une autre politique socio-économique. Le choix dictatorial, imposer sans dialogue,  est totalement dépassé et source de dérives nuisibles à l’avenir du pays. Il faut éviter l’assimilation de la population algérienne à un tube digestif grâce à une redistribution passive de la rente des hydrocarbures pour une paix sociale éphémère. La question centrale est la suivante : avec la chute du cours des hydrocarbures qui représentent 98% des exportations  en devises, 70% du pouvoir d’achat des algériens et de la dépense publique permettant  la compression artificielle du taux d’inflation et du taux de chômage  comment réaliser une  réelle transition économique hors rente en Algérie intiment liée aux facteurs politiques.

2.-C’est qu’avec la chute du cours des hydrocarbures  et les tensions dans le sud du pays concernant le gaz  mais également le pétrole  de schiste, nous assistons sur les plateaux de télévisons à une pollution du paysage médiatique.  Tout le monde devient  par enchantement expert en énergie. Pour avoir passé plus de 35 ans dans ce secteur et participant régulièrement aux rencontres internationales sur l’énergie, je  puis affirmer que c’est un sujet complexe qu’il s’agit d’analyser avec précaution, rentrant dans ce cadre les données tant techniques, économiques que géostratégiques. Pour un débat serein, loin de toute manipulation politicienne, et que pour nos populations du Sud,   puissent avoir un aperçu objectif, devant associer la société civile leur parlant un  langage simple accessible, seuls devraient  être concernés  les experts indépendants  en collaboration avec les cadres de Sonatrach pour un ébat contradictoire,  et non des experts privés dirigeants  des bureaux d’études vivant grâce aux marchés que leur octroient le ministère de l’Energie, ou de sociétés intéressés par son exploitation, étant juge et partie, n’étant pas crédibles aux yeux de la population.

3.-Pour ce qui est de l’aspect environnemental, et donc  techniques, devraient être concernés,  bien entendu avec les experts indépendants,   les  ingénieurs  de Sonatrach  de  l’amont, les hydrauliciens pour l’eau, et des professeurs de médecine du travail pour la santé. La formation pointue   est fondamentale pour maitriser la fracturation  hydraulique,  d’autres techniques sont actuellement en cours d’expériences. Pour l’analyse de la rentabilité économique, en association avec les cadres de Sonatrach de la commercialisation et de l’aval, les experts indépendants en économie de l’énergie devant connaitre parfaitement le secteur  et le terrain , loin des théories stériles. Concernant l’Algérie, il est admis  en 2015 que le coût d’un puits varie entre 13/17 millions de dollars, supposant un investissement dans la formation pour  réduire les coûts (le brevet coûte extrêmement cher) contre 5 à 7 millions de dollars aux USA. Concernant spécialement les coûts, ils ne sont  pas totalement maitrisés même pour le pétrole et gaz traditionnel.  Pour avoir dirigé  un audit  entre 2007/2008 avec d’anciens PDG de Sonatrach, tous les cadres de Sonatrach, les divisions  amont, aval, canalisation et commercialisation, il nous a été très difficile de calculer les coûts du gaz  du MBTU de Hassi  R’Mel et du baril de pétrole d’Hassi Messaoud,  arrivé aux ports d’Arzew et de Skikda, et  ce en raison  de comptabilités consolidés  de Sonatrach. Cela est le résultat de la   faiblesse du management  stratégique et   des comptabilités  analytiques qui seules permettant de calculer précisément les coûts. Car la hausse des prix peut voiler une  faiblesse de la production en volume et les comptes de transferts entre différentes divisions la faiblesse de la gestion.

4.-En résumé,  l’Algérie en ces moments difficiles, a besoin de toutes les   femmes  et tous les  hommes de bonne volonté. Il y a lieu  de favoriser  le dialogue productif avec la devise : ni sinistrose, ni autosatisfaction source de névrose collective. Le plus grand ignorant étant celui qui prétend tout savoir.  Ainsi,   il serait maladroit d’ignorer les aspirations profondes de la population algérienne parabolée qui ne croit plus en les paroles mais aux actes. Avec la grogne sociale croissante, la population algérienne a soif de démocratie et de justice sociale mais également d’efficacité économique avec un sacrifice partagé car les réformes à venir seront douloureuses. La vertu d’une bonne gouvernance est le dialogue permanent au profit exclusif de l’Algérie qui a d’importantes potentialités pour surmonter la  crise multidimensionnelle à laquelle elle est confrontée, sous réserve d’une autre gouvernance.

(*) Dr  Abderrahmane MEBTOUL, Professeur des Universités, Expert International en management stratégique

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