Un début de reprise dans le secteur touristique tunisien - Maghreb Emergent

Un début de reprise dans le secteur touristique tunisien

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Plus de trois ans après la chute du régime de Ben Ali, le secteur touristique tunisien montre des signes de reprise. Dans un contexte de stabilisation de la situation politique, les géants hôteliers internationaux, Mariott et autre Accor et Golden Tulip s’intéressent de nouveau à la Tunisie.

 

 

S’inscrivant dans le droit fil des autres évolutions encourageantes enregistrées par la Tunisie, l’annonce des résultats du secteur du tourisme pour l’année écoulée indique que ce dernier est en voie de rétablissement, avec un nombre d’arrivées et d’autres indicateurs se rapprochant toujours plus des niveaux prérévolutionnaires. Les récentes mesures visant à consolider la stabilité politique dans le pays ainsi que des signes de croissance dans la zone euro se traduisent par une amélioration des perspectives du secteur touristique et plusieurs chaines internationales d’hôtels projettent d’élargir leur présence en Tunisie au cours des prochaines années.

 

Arrivées et recettes à la hausse en 2013

 

Le nombre d’arrivées touristiques en 2013 s’est élevé à 6,27 millions, soit une hausse de 5,3% par rapport aux chiffres de 2012. Pour la deuxième année consécutive, le secteur montre des signes de reprise. Le nombre de visiteurs avait plongé de manière soudaine en 2011 suite au soulèvement qui a renversé l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, mais il s’était bien redressé en 2012 et, avec la hausse de 2013, le nombre d’arrivées se situe désormais à un niveau inférieur de moins de 10% de celui de 2010.

Le nombre de nuitées passées dans le pays ne s’est pas autant rapproché des niveaux enregistrés avant le soulèvement, laissant entendre que les touristes effectuent des séjours plus courts en Tunisie. Il accuse une baisse de 0,2% en 2013 et s’établit à un niveau inférieur de 15,7% aux chiffres de 2010. En revanche, les recettes touristiques, paramètre le plus important pour le secteur, ont grimpé de 1,2% en 2013 pour atteindre 3,2 milliards de dinars tunisiens (1,5 milliard d’euros), soit 8,3% de moins qu’en 2010.

L’année 2014 a bien démarré pour le secteur. On dénombre 340 377 arrivées au mois de janvier, soit une hausse de 22% en glissement annuel et une augmentation de 2,2% par rapport aux chiffres de 2010. Les recettes ont enregistré une hausse de 1,3% en glissement annuel et sont 22% plus élevées que celles de 2010, mais ces chiffres ne tiennent pas compte de l’inflation, qui tourne autour de 5 à 6% depuis le soulèvement.

Les signes d’une reprise économique en Europe sont encourageants pour le secteur. En 2012, les sept plus importants marchés touristiques de la zone euro ont représenté près de 62% des arrivées en Tunisie – des données plus récentes ne sont pas disponibles. Le premier marché étranger du tourisme tunisien est la France, d’où provenaient 22,7% des visiteurs en 2012, suivie de l’Allemagne (18,4%) et de l’Italie (11,5%).

 

Le retour de l’investissement hôtelier

 

Alors que le nombre d’arrivées repart à la hausse et que les perspectives du secteur s’améliorent, on constate un regain d’intérêt de la part de grands groupes hôteliers internationaux, un signe clair de la confiance qu’ils portent à la santé du marché sur le moyen et long terme.

En novembre 2013, Marriott International a signé un contrat avec le groupe tunisien Jenayah portant sur la construction d’un nouvel hôtel Marriott dans la station balnéaire de Sousse. L’établissement de 220 chambres, qui devrait ouvrir ses portes en 2017, a nécessité un investissement d’environ 50 millions de dinars tunisiens (23 millions d’euros). Les deux entreprises collaborent également sur un projet d’hôtel Ritz-Carlton de 129 chambres, annoncé en 2012 et qui devrait être inauguré l’an prochain.

Mais Marriott n’est pas le seul. Le géant hôtelier français Accor a annoncé fin 2012 qu’il comptait ouvrir entre 20 et 25 nouveaux hôtels dans le pays au cours des prochaines années, sans toutefois donner plus de détails pour le moment. Quant à Golden Tulip, le groupe a fait part en janvier de son intention d’ouvrir un nouvel établissement dans la capitale, le Golden Tulip Utique Aryana, dans le cadre de sa stratégie de développement de ses activités dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Il s’agira là du cinquième hôtel du groupe en Tunisie.

 

L’effet bénéfique de la fin de la crise politique

 

Le secteur s’est vu confronté à un choc en octobre 2013, lorsqu’un attentat suicide s’est produit à proximité d’un hôtel à Sousse. Il s’agissait là du premier attentat terroriste visant le secteur du tourisme en Tunisie depuis 2002, et aucune victime n’est à déplorer en dehors de l’auteur de l’explosion. Cet incident ne semble pas avoir eu de répercussions sur le nombre d’arrivées.

Quant à la situation politique, elle semble en voie de stabilisation. Fin janvier, le Parlement a adopté une nouvelle constitution à la quasi-unanimité et deux jours plus tard un nouveau gouvernement intérimaire de technocrates s’est constitué pour exercer le pouvoir jusqu’à la tenue des prochaines élections, dans le cadre d’un accord passé avec la coalition islamiste qui dirigeait jusque-là le pays. Ces événements n’ont pas manqué d’améliorer la confiance des milieux d’affaires et de renforcer la stabilité des politiques, ce qui devrait par conséquent contribuer à fournir au pays les moyens nécessaires pour restaurer sa réputation de destination touristique populaire, accessible et sûre.

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