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Présidentielles 2014

Visas de journalistes pour l’Algérie, « aussi compliqués que la Syrie »

Par Maghreb Émergent
mars 26, 2014
Visas de journalistes pour l’Algérie, « aussi compliqués que la Syrie »

 

 

Les journalistes français attendent leurs visas pour couvrir les élections présidentielles du 17 avril prochain. Et pour certains l’attente dure depuis trop longtemps.

L’information révélée mardi dans le Petit Journal de Canal + sous le ton de la plaisanterie n’en reste pas moins grave. « On aimerait aller en Algérie pour couvrir les élections mais il faut un visa pour aller tourner en Algérie, comme dans tous les pays d’ailleurs. Sauf que les autres pays les donnent, l’Algérie ne nous le donne pas », déclarait Yann Barthès, présentateur du Petit Journal. « Pareil pour itélé, en attente de visa, BFM TV en attente de visa, même TFI en attente de visa et notre Martin Weill est aussi en attente de visa…. », énumérait-il au cours de l'émission.

 

«On a déposé une demande il y a deux semaines et pour l’instant on attend», a confirmé à Maghreb Emergent le reporter du Petit Journal Martin Weill. « C’est le cas de beaucoup de rédactions de médias français ». La journaliste du quotidien Le Monde, Isabelle Mandraud, spécialiste de l’Algérie, attend ainsi son visa depuis trois semaines. « En général, ça prend entre 10 et 15 jours pour obtenir une réponse, là ça tarde un peu », confie-t-elle à Maghreb Emergent.

 

Exaspération

Pour Mireille Duteil, grand reporter à l’hebdomadaire Le Point et ex-rédactrice en chef adjointe au service Afrique et Moyen-Orient, l’attente dure dix mois. « J’ai fait une première demande en juin 2013, à laquelle je n’ai pas eu de réponse. A l’automne j’ai donc déposé une nouvelle demande, qui est elle aussi restée lettre morte. Depuis lors, j’appelle régulièrement les services consulaires de l’Ambassade d’Algérie à Paris. En vain », raconte-t-elle, exaspérée. « On ne nous dit jamais non, mais on n’a pas de réponse », explique cette habituée de l’Algérie qui travaille sur le pays depuis plus de vingt ans.

Aujourd’hui, la journaliste est arrivée à saturation. « Ce n’est pas un sucre d’orge que d’avoir un visa pour réaliser un reportage », s’exclame-t-elle au téléphone. « On a l’impression que c’est un cadeau que l’on nous fait mais nous on veut juste travailler », déclare-t-elle avant d’ajouter : « Venir en Algérie est aussi difficile que d’aller dans la Syrie de Bachir El Assad ou la Libye de Khadafi. Même en Arabie-Saoudite, j’ai réussi à y aller plusieurs fois ».

Le coup de pouce de l’Ambassade de France en Algérie

Face à cette situation, certains médias français saisissent les services de l’Ambassade de France en Algérie qui tentent alors de faciliter les démarches en sensibilisant les autorités algériennes sur les cas en attente. Mais là-encore, la réponse peut se faire attendre, confie une source diplomatique, qui reconnaît que les demandes tardent actuellement à être satisfaites. Si la plupart des journalistes français effectuent leur visa, en direct, sans passer par l’Ambassade de France en Algérie, cette dernière se dit prête à se mobiliser si les rédactions françaises leur en font la demande.