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Maroc

Warning du Centre Marocain de Conjoncture sur une contraction de la croissance en 2014

Par Maghreb Émergent
janvier 11, 2014
Warning du Centre Marocain de Conjoncture sur une contraction de la croissance en 2014
[caption id="attachment_345" align="alignnone" width=""]Les prévisions du gouvernement Benkirane font polémique[/caption]

 

 La croissance économique devrait subir une forte inflexion au Maroc en 2014. Les prévisions de croissance de la loi de finances risquent d'être totalement dépassées, selon une alerte du centre marocain de conjoncture (CMC), qui table sur un taux en net recul à 2,7%, contre des prévisions de 4%.  

 

Le Centre Marocain de Conjoncture a lancé une alerte. Il redoute une forte contraction de la croissance économique du Maroc à la fin 2014, à 2,7% seulement, contre une prévision de 4% prévue dans la loi de finances. Globalement, la révision à la baisse de la croissance économique en 2014 serait, en termes réels, de deux points en dessous du score réalisé en 2013 (4,8%).

Pour les analystes du CMC, la faible performance attendue serait le résultat de mauvaises performances du secteur agricole, touché par une baisse de la pluviométrie, contrairement à 2013, année de bonne production agricole. « Une campagne céréalière modeste signifie moins de revenus, et donc moins de consommation qui, avec l’investissement public, restent les deux moteurs essentiels du PIB », selon le Pr Habib El Malki, président du CMC. Pour lui, « les hypothèses sur lesquelles le gouvernement a bâti le budget paraissent irréalistes ».  Une mauvaise production agricole aura un effet d'entraînement sur les autres indicateurs économiques, dont la consommation des ménages, qui ne devrait augmenter que de 0,2 point par rapport à 2013. En outre, l'objectif de ramener le déficit du PIB à 5,5% paraît dès lors presque irréalisable, toujours selon les prévisions du centre marocaine de conjoncture.

Un écart de 1.5 points

Quant au gouvernement dirigé, par Abdelilah Benkirane, chef de file du parti islamiste modéré du PJD, il a bâti sa loi de finances 2014 sur la base d'une prévision de croissance de 4,2%. L’écart entre les prévisions du gouvernement et le CMC est de 1.5 points. Les arguments du CMC se fondent globalement sur une contraction de la valeur ajoutée des activités primaires de 4,5%, plombées par une baisse de la pluviométrie et un recul des principales spéculations céréalières.

Quant à l'industrie, elle devrait enregistrer des résultats mitigés, avec une modeste croissance de 2,1%, soit 0,6 point de mieux par rapport à 2013. Les exportations devraient augmenter de 2,1%, prévoient encore les analystes du CMC. L'alerte du CMC réplique six mois après au warning du Haut-Commissariat au Plan (HCP), qui prévoit une croissance de 2,5% en 2014.

Satisfecit du FMI, malgré le CMC

Le ''warning'' du CMC intervient au moment où le bilan 2013 du gouvernement Benkirane, controversé et critiqué par l'opposition emmenée par l'Istiqlal (centre) et l'USFP (gauche), est qualifié plutôt de « bon » par le FMI. Les prévisions de clôture de l’année 2013 établies par le FMI sont également confirmées par les analystes de la banque centrale marocaine, Bank Al Maghrib (BAM). Les experts de BAM pronostiquent ainsi un taux de croissance de 4,4% en 2013 (4% selon le FMI), tirée par une bonne campagne agricole et une hausse de la demande intérieure de 5%. L’inflation est par contre en hausse (2,2%) en raison de la décision du gouvernement Benkirane, acculé à soutenir le poids des charges de la compensation, à réintroduire de nouveau l’indexation des prix de certains produits pétroliers sur les cours mondiaux.

Quant au déficit budgétaire en 2013, il devrait se situer autour de 5,5% (4,9% selon le FMI), prévoit Bank Al Maghrib. Une situation d’embellie financière confirmée par la baisse du déficit commercial à fin novembre 2013 de 3,6%.