Le Web n’est pas encore un argument de vente pour les entreprises algériennes - Maghreb Emergent

Le Web n’est pas encore un argument de vente pour les entreprises algériennes

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Chercher une entreprise algérienne sur le Net, c’est comme chercher une aiguille dans une meule de foin. A moins de connaître le nom exact de la PME, voir son site Web, un opérateur étranger risque de passer de longs moments sur Google pour trouver des pistes pour un éventuel partenariat en Algérie. Un manque de visibilité inexplicable, alors qu’on est censé booster les exportations hors hydrocarbures.

 

Outre la publicité sur les médias audiovisuels, la presse écrite et électronique, les entreprises ont énormément à gagner à se doter de sites Web pour se faire connaître auprès des consommateurs, des centrales d’achat, mais aussi des opérateurs étrangers à la recherche de partenariats en Algérie. Le Web est une excellente vitrine, aux coûts relativement insignifiants pour une entreprise qui a l’ambition de se placer sur les marchés internationaux. Un site Web est le premier contact et, probablement, le plus déterminant, pour inciter un opérateur étranger à s’intéresser davantage à l’entreprise. Or, en dehors de l’Association Nationale des Exportateurs Algériens (ANEXAL) et sur le fichier des exportateurs algériens de la Chambre Algérienne de Commerce et d’Industrie (CACI), dont les sites Web orientent vers quelques liens de sociétés membres, il n’existe pas d’autres plateformes Internet où un opérateur national ou étranger peut trouver des informations sur des entreprises algériennes. La plateforme « El Mouchir« , un annuaire qui contient plusieurs milliers d’entreprises algériennes des secteurs de l’industrie, des services et du commerce, ne propose pas beaucoup d’informations sur ces entités. Il n’est précisé que le secteur d’activité, le nom, l’adresse physique, les coordonnées téléphoniques et la ville. Trop peu pour avoir une idée exacte sur les entreprises, leurs produits et leur place sur le marché. S’il est logique que les candidats à l’exportation, membres de l’ANEXAL, ne trouveront pas mieux que le Web pour se « faire beaux » devant les opérateurs étrangers pour qui Internet est un précieux outil de travail, d’autres devraient aussi s’y mettre, ne seraient ce que pour améliorer l’image de marque, et s’habituer à communiquer et non pas seulement à vendre.

L’agroalimentaire s’expose mieux sur Internet

Dans la petite lucarne des adhérents à l’ANEXAL, figurent des liens vers une trentaine de sites Web d’entreprises exportatrices ou candidates à l’exportation. Parmi ces liens, c’est le secteur de l’agroalimentaire qui est le plus représenté (12 entreprises), suivi de l’électronique et électroménagers ainsi que le secteur les cosmétiques (quatre liens chacun). Le reste des liens concerne d’autres secteurs industriels. C’est la branche « boissons et jus » qui domine largement la filière agroalimentaire présente sur le Net. Les marques agroalimentaires algériennes les plus en vues sont celles déjà très connues, comme NCA Rouiba, Cevital, IFRI, Vita Jus, et Sim. De nouveaux venus, comme Africafé, Sarl Boublenza qui produit la poudre de la carroube, Prestige Dattes ou bien d’autres marques de boissons (Mami et SBC) de Sétif, et le Groupe Goumidi (lait et dérivés). Dans les cosmétiques et produits d’hygiène on trouve les laboratoires Venus, Wouroud, et Parfums Real, ainsi que Socothyd. Dans l’électronique, on trouve Cristor, Bomare Company, Essalem Electronics, et Eniem. Dans la lucarne de l’ANEXAL, on trouve également d’autres secteurs industriels comme le papier et cellulose (Gipec), l’énergie (Amimer, mini-centrales électriques…), Tapidor, l’isolation thermique bâtiment (JLE), et bien d’autres filières dont les produits ménagers (TecMeca), et le mobilier métallique (CAMMO).

Du boulot pour les Webmasters

Sur le « fichier des exportateurs algériens » de la CACI (2012), qui compte 474 entreprises réparties en 19 secteurs d’activité, le nombre des entités disposant d’un site Web ne dépasse pas 100. Et dans ce nombre, certains sites ne sont pas fonctionnels, faute de renouvellement de l’abonnement du nom de domaine. Là aussi les entreprises agroalimentaires sont les plus nombreuses à être sur le Net. A ceux cités plus haut on peu ajouter les sites de Hamoud Boualem, de Bimo, ou encore de Saidal, l’entreprise nationale de produits pharmaceutiques, et Condor un des leaders algériens des produits électroniques et électroménagers. On note aussi que la quasi totalité des entreprises de ce fichier de la CACI a des adresses mail sur des messageries grand public de type Yahoo, Gmail, Hotmail ou Caramail. Alors que le nombre de sites utilisant le nom de domaine algérien « .dz » est minoritaire. L’écrasante majorité des vitrines virtuelles des entreprises algériennes sont inscrites en « .com » et hébergées à l’étranger.

En comparant au nombre global d’entreprises en Algérie, la présence sur le Web est encore plus insignifiante. Sur les 930.000 entreprises répertoriées par l’Office national des statistiques (ONS) en 2011, le nombre de celles qui ont des sites Web ne peut pas atteindre 5.000, ceci en étant largement optimiste. Mais nous sommes loin, très loin de ce cas de figure, puisque le nombre total de noms de domaines de l’Algérie est estimé à environ 10.111, dont 5.577 « .dz » et 3.534 « .com ». Du boulot en perspective pour les Webmasters et les entreprises de communications, spécialisées dans l’édition des sites Web. A condition que les entreprises soient convaincues de l’apport positif de l’Internet sur leurs métiers respectifs. Un coup de pouce des professionnels du Web est peut être nécessaire…

 

 

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