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Maghreb

Les journalistes toujours persécutés au Maroc, l’ONU demande la libération d’El Hasanaoui

Par Yacine Temlali
février 22, 2014
Les journalistes toujours persécutés au Maroc, l’ONU demande la libération d’El Hasanaoui

[caption id="attachment_1138" align="alignnone" width=""]Le journaliste marocain Mustapha El Hasnaoui condamné à 4 ans de prison.[/caption]

Au Maroc, la liberté de la presse est une fiction à en juger par les tracasseries que subissent journalistes et journaux. C'est ce que vient de rappeler, en creux, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire qui a exigé la libération de Mustapha El Hasnaoui. Ce journaliste et militant des droits humains purge une peine de 4 ans ferme pour.... ''constitution de bande criminelle en vue de commettre des actes terroristes'' !

 

 

Mustapha El Hasnaoui doit être ''libéré immédiatement'', estime, dans un communiqué, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Ce journaliste a été condamné à quatre ans de prison ferme en juillet dernier pour ''constitution de bande criminelle en vue de commettre des actes terroristes dans le cadre d'une entreprise collective visant l'atteinte grave à l'ordre public par l'intimidation, la terreur ou la violence''. Il avait, dans le cadre de ses activités professionnelles, dénoncé les nombreux cas de violation des droits de l'homme au Maroc, ainsi que les procès ''iniques'' intentés contre des islamistes, dans le cadre de la loi antiterroriste promulguée au lendemain des attentats de Casablanca, le 16 mai 2003.

Selon les experts de l'ONU, qui soulignent que Mustapha El Hasnaoui a été victime de graves violations de ses droits fondamentaux et n'a pas bénéficié d'un procès équitable, sa détention est arbitraire ''dans la mesure où elle se fonde sur le légitime exercice de ses droits humains à la liberté de pensée, d'opinion, d'expression et de religion, ainsi que sur ses activités de défense des personnes persécutées en raison de leurs pensée, idéologie ou opinions''.

 

Cembrero, après Anouzla

 

Ce cas de bâillonnement de la presse au Maroc, particulièrement celle qui milite pour le respect des droits humains ou dénonce les dépassements du régime, n'est pas isolé. Ignacio Cembrero, devenu à lui seul une icône de la presse étrangère au royaume chérifien, vient d'être rappelé à Madrid par la direction de son journal, El Pais, après plus de 20 années passées au Maroc.

Le rappel d’Ignacio Cembrero a provoqué l'ire du comité de rédaction du quotidien espagnol qui a écrit, dans un communiqué : ''Si nos journalistes dénoncent, on les met à l'écart.'' Il semble avoir été décidé suite à la plainte officielle du gouvernement marocain contre El Pais, déposée par Abdelilah Benkirane lui-même le 20 décembre dernier au consulat d'Espagne à Rabat, et adressée au procureur espagnol, Blanca Rueda Quintero. Cette plainte venait sanctionner la diffusion par le site d’El Pais d’une vidéo dans laquelle Al Qaeda menace de s'en prendre au royaume.

Cette même vidéo d'Aqmi a été diffusée par le site électronique indépendant marocain Lakome.com. Immédiatement, son directeur, Ali Anouzla, a été arrêté le 17 septembre dernier et poursuivi pour terrorisme. Il va comparaître en état de liberté le 20 mai prochain devant le tribunal de Rabat.

Ali Anouzla a confirmé à la presse mercredi dernier qu'il avait demandé aux autorités l'autorisation de rouvrir son site, Lakome. ''Si je ne reçois pas de réponse dans les prochains jours, je vais lancer un nouveau site que nous appellerons -Lakome2.com'', a-t-il averti.

Plusieurs journalistes ont quitté le pays au cours de ces dix dernières années pour protester contre l'absence de liberté d'expression et les poursuites judiciaires et autres tracasseries dont ils étaient victimes. Parmi eux, Ali Ammar et Ali Lamrabet, dont les journaux ont été interdits.